Le chômage recule et pourtant …

Posté le 1 octobre 2019

Businesswoman hand touching job search on search bar over blur background, business and technology concept, search engine optimization, web banner

Même si le taux de chômage est un indicateur économique imparfait et qu’il ne reflète pas la réalité du marché de l’emploi, il n’en demeure pas moins un indicateur important et qui détermine quand même une tendance.

Le recul du chômage en zone euro

Il faut profiter de la publication du chiffre du chômage en zone euro pour saluer la dynamique du marché de l’emploi en Europe, malgré le ralentissement économique.

Comme le montre le graphique, le taux de chômage dans la zone euro est tombé à 7.4% contre 7.5% le mois passé et 8% il y a un an. Il s’agit du taux le plus bas depuis mai 2008, soit 960.000 personnes qui ne sont plus au chômage sur un an.

graphe20191001

Evidemment, la situation varie très fortement d’un pays à l’autre, comme l’illustre le graphique, et les disparités sont flagrantes conséquences de contextes économiques différents. Et même s’il demeure très élevé, en Espagne il s’est réduit d’un mois à l’autre en passant de 13.9% à 13.8%, tout comme d’ailleurs en Italie en passant de 9.8% à 9.5%.

graphe20191001a

Mais malgré ce recul du chômage, l’inflation se fait toujours attendre dans la zone euro, et il ne faut pas espérer de rebond après la publication du taux d’inflation en Allemagne. Malgré un taux de chômage très faible en Allemagne, l’inflation a reculé à 0.9% contre 1% le mois passé, soit son taux le plus faible depuis novembre 2016. Et pour la zone euro, le taux d’inflation est attendu stable à 1.1%, alors que les anticipations d’inflation sont reparties à la baisse, comme le montre le graphique, malgré les nouvelles mesures de la BCE.

graphe20191001b

Cette faiblesse de l’inflation laisse évidemment entrevoir encore de nouvelles mesures de la part de la BCE, ce qui peut en partie expliquer le recul de l’euro qui est passé sous le niveau des 1.09 par rapport au dollar.

Indices de confiance en recul toujours

Cela n’a rien d’étonnant, sauf que beaucoup espéraient un rebond de l’activité sur la seconde partie de l’année, ce qui n’est absolument pas le cas.

Au Japon, particulièrement affecté par la guerre commerciale, l’indice PMI manufacturier a une nouvelle fois reculé en passant de 49.3 à 48.9.

Toujours au Japon, l’indice Tankan, qui mesure le moral des entreprises, ne fait pas mieux avec un indice qui est passé de +7 à +5 pour les grandes entreprises dans le secteur manufacturier, soit son niveau le plus bas depuis juin 2013. Pour le secteur des services pour les grandes entreprises, il est passé de +23 à +21.

En Corée du Sud, la situation n’est guère plus brillante avec un indice PMI manufacturier qui est passé de 49 à 48, ce qui relance les perspectives de baisse de taux alors même que la banque centrale a déjà réduit son taux une fois.

La probabilité est d’autant plus grande après la publication de deux autres indicateurs. D’une part, parce que l’indice PMI manufacturier n’est pas prêt de se redresser de sitôt quand on voit que les exportations ont chuté de -11.7% sur un an. Et d’autre part, parce que le taux d’inflation est tombé en territoire négatif à -0.4% pour la première fois depuis la publication de ce chiffre en 1965.

A propos de baisse de taux, la banque centrale d’Australie n’a pas hésité, alors qu’elle avait déjà réduit son taux de 0.25% en juillet, à encore le réduire de 0.25% ce matin pour l’amener au niveau record de 0.75% (voir le graphique).

graphe20191001c

tableaux20191001

Dans le tableau mensuel, pas de constat particulier, à part le recul depuis le début de l’année de l’euro par rapport à toute une série de devise.

tableaux20191001a