Un vrai choc sur la production industrielle

Posté le 27 septembre 2019
hot steel on conveyor Close shot in steel mill

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Cette phrase qui date de 2002 est tellement d’actualité et pourtant rien n’a changé depuis ; « notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer, et nous refusons de l’admettre. L’humanité souffre. Elle souffre de mal-développement, au Nord comme au Sud, et nous sommes indifférents. La Terre et l’humanité sont en péril, et nous en sommes tous responsables », Jacques Chirac.

Une situation contrastée

Déjà simplement aux Etats-Unis après le détail du chiffre du PIB au deuxième trimestre. Le chiffre de 2% de croissance a bien été confirmé avec un poids prépondérant de la consommation qui demeure le moteur de l’économie américaine.

Mais comme le montre le graphique, trois facteurs ont pesé sur la croissance et surtout interpellent pour l’avenir. D’abord, le commerce international a amputé -0.68% la croissance à cause d’exportations inférieures aux importations, conséquence directe de la guerre commerciale.

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Ensuite les stocks, mais il est encore un peu tôt pour en tirer des conclusions, mais surtout le recul très marqué des investissements. Ces derniers ont pesé de -1% sur la croissance et il s’agit du plus fort impact négatif depuis le quatrième trimestre 2015. Mais évidemment au-delà de ce chiffre pour le deuxième trimestre, cela fait craindre un ralentissement pour les prochains trimestres.

La situation est aussi contrastée avec d’une part des discussions entre les Américains et les Chinois qui devraient se poursuivre, et avec en plus ces derniers ayant manifesté leurs intentions d’acheter plus de produits américains. Mais d’un autre côté, les craintes d’un chaos politique avec la procédure d’impeachment qui pourrait peser sur le climat des affaires.

Ce qui n’empêche cependant pas le dollar de se renforcer contre la majorité des devises, en partie parce que justement l’économie américaine continue d’afficher une croissance solide. Et d’autre part parce que les autres banques centrales continuent de baisser leurs taux.

Hausse du dollar

C’est entre autres le cas de la banque centrale de Philippine qui a réduit de 0.25% son taux, pour la troisième fois cette année, pour le ramener à 4%.

C’est aussi le cas de la banque centrale du Mexique, qui a abaissé de 0.25% son taux, pour la deuxième fois de l’année, pour le ramener à 7.75%, avec comme conséquence que le peso mexicain s’est affaibli par rapport au dollar comme le montre le graphique.

graphe20190927a

Par rapport à l’euro, le dollar s’est aussi renforcé et s’approche du niveau des 1.09 en partie suite au différentiel de taux qui joue en faveur de ce dernier. Mais c’est aussi à cause de facteurs spécifiques à la zone euro que l’euro s’est affaibli par rapport au dollar.

Il faut d’abord pointer les dissensions au sein de la BCE qui se sont encore un peu plus exacerbées avec la démission de Sabine Lautenschlaeger, membre du comité de la BCE. Cette démission surprise et non expliquée semble quand même être à cause de son opposition à la relance du programme de rachat d’actif.

Le deuxième élément qui pèse sur l’euro est bien évidemment les craintes d’une récession en Allemagne qui ne cessent de grandir avec toutes les conséquences que cela aurait pour la zone euro. A ce propos, une analyse publiée dans le dernier bulletin économique de la BCE publiée hier interpelle.

Cette dernière s’est attachée à déterminer les raisons qui expliquent le recul très marqué de la production industrielle dans la zone euro. Comme le montre le graphique, le recul de la production industrielle ne peut pas être uniquement imputé au ralentissement du commerce mondial, bien au contraire. Cette étude constate que «si la faiblesse du commerce international a été le principal contributeur au ralentissement de la croissance de la production industrielle dans la zone euro au premier semestre 2018, à partir de juillet 2018 des évolutions spécifiques à la zone euro ont également joué un rôle majeur ». Et  que « l’accentuation plus récente de la contribution négative des facteurs domestiques à la variation de la production industrielle dans la zone euro (en juin 2019) est due à un ralentissement de la croissance de la production industrielle en Allemagne, lié vraisemblablement à une croissance plus faible de la consommation dans ce pays au deuxième trimestre 2019 ». Ce qui ne peut qu’interpeller et renforcer les craintes d’une récession en Allemagne.

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En résumé, « Le ralentissement de la croissance de la production industrielle dans la zone euro au cours de la dernière année semble être dû à l’intensification des tensions commerciales au niveau mondial et à des évolutions domestiques. Entre juillet 2018 et juin 2019, le facteur « commerce mondial » et l’ensemble des facteurs associés aux évolutions en Chine, au Royaume-Uni et aux États-Unis ont contribué pour 37 % au ralentissement de la croissance de la production industrielle dans la zone euro, et les facteurs domestiques pour 63 %, bien que ce phénomène reflète probablement en partie des facteurs temporaires liés à l’industrie automobile au second semestre 2018 ».

Il est évident qu’en cas de hard Brexit la situation devrait encore empirer et que des mesures de relance budgétaire prennent encore plus leur sens en regard de cette analyse.

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