Une pause cela fait du bien mais …

Posté le 20 septembre 2019

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Tout le monde se sent rasséréné, pour le moment, après les décisions des banques centrales, la reprise des discussions entre les Chinois et les Américains, la volonté des autorités monétaires chinoises de soutenir la croissance, par un petit espoir d’une possibilité de trouver une solution de remplacement au backstop, mais tout le monde a bien conscience que tout cela demeure fragile.

Et pourtant la croissance s’amenuise dangereusement

Tel est le message distillé par la Chief Economist de l’OCDE, Laurence Boone, lors de la présentation des perspectives économiques. Elle constate que « l’économie mondiale est confrontée à des risques de plus en plus importants, et l’enracinement d’une croissance lente devient inquiétant ».

Et quand on regarde le tableau des nouvelles prévisions de l’OCDE peu de pays échappent à une révision négative, et surtout une série de pays émergents voient leur chiffre de croissance nettement revu à la baisse.

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Comme la BCE, l’OCDE insiste sur la nécessité de voir la politique budgétaire prendre le relais des banques centrales pour éviter de connaitre une croissance faible encore durant de nombreuses années. Laurence Boone estime que cela devra passer par « une politique lisible de taux bas, une politique d’investissement dans les infrastructures, et des réformes en faveur de l’innovation ».

A propos des taux

Aidée par la décision de la FED, la banque centrale de Hong Kong a réduit de 0.25% son taux pour le ramener à 2.25% pour tenter de soulager une économie qui subit non seulement le ralentissement du commerce international, mais qui est confrontée à une vague de contestation qui affecte sa croissance intérieure.

La BOE a, comme prévu, laissé ses taux inchangés, tout en mettant en garde sur les risques que ferait peser un nouveau report du Brexit, sans bien évidemment appeler à une sortie sans accord. Comme le montre le graphique, le sterling continue de se renforcer sur les espoirs d’une sortie avec accord, espoirs renforcés par des propos de Juncker. Ce dernier estimant qu’un accord est toujours possible sans toutefois savoir si les chances d’un accord étaient supérieures à 50-50. Et comme le montre le graphique, ce n’est pas la première fois, cette année, que le sterling s’est renforcé sur des espoirs.

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La banque centrale de Norvège a bien procédé à une nouvelle hausse de taux de 0.25% pour porter son taux à 1.50%, se démarquant encore un peu plus des autres banques centrales.

Mais comme elle a laissé entendre qu’elle allait faire une pause durant une assez longue période dans ce mouvement de hausse des taux compte tenu du ralentissement de l’économie mondiale, la couronne norvégienne a légèrement reculé comme le montre le graphique.

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La réunion de la BOJ était à peine terminée, que la publication du chiffre de l’inflation relançait déjà les anticipations de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire lors de la prochaine réunion. Comme illustré sur le graphique, le taux d’inflation est tombé à 0.5%, soit son niveau le plus bas 2 ans. Ce chiffre met une pression complémentaire sur la BOJ qui a bien du mal à faire remonter l’inflation et s’essouffle dans une poursuite sans fin de son objectif d’inflation.

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La probabilité d’une baisse des taux en Australie lors de la prochaine réunion de la banque centrale a grimpé à 80% et ce dernier pourrait être ramené au taux record de 0.75%, compte tenu de ce ralentissement global de la croissance.

Reprise des discussions

Les discussions ont repris depuis hier entre les Chinois et les Américains dans un climat plus apaisé et vont se concentrer dans un premier temps sur les questions agricoles. Car non seulement, la reprise des achats de produits agricoles par les Chinois sera directement observable, mais surtout que cela permettra à Trump de montrer aux agriculteurs américains qu’il a obtenu un accord en leurs faveurs.

Cependant, les pourparlers risquent d’être longs et fastidieux et les pressions maximums sur les Chinois, les Américains ayant déjà menacé d’aller jusqu’à des tarifs de 50 à 100% en cas d’escalade.

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