Réactions contenues

Posté le 17 septembre 2019
Industry oil barrels or chemical drums stacked up. Fillter image processed.

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L’envolée du prix du baril a été impressionnante et il faut revenir à 1988 pour retrouver une hausse de 15% en une seule séance, mais pour le reste les réactions ont été très limitées et raisonnables.

Réactions prudentes

C’est vrai que graphiquement parlant, la hausse du prix du baril est impressionnante et en même temps logique, mais la plupart des analystes estiment que les stocks sont largement suffisants pour couvrir les besoins pendant une longue période.

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Demeure pour le moment deux questions, d’une part de savoir combien de temps sera nécessaire pour rétablir la production. Et d’autre part, cette attaque représente-elle un risque d’embrassement dans la région. Après une première réaction assez tranchée, les Américains semblent plus prudents et modérés dans leurs propos, ce qui a aussi contribué à refaire tomber la tension.

Il y a un an

La FED se montrait extrêmement positif sur la situation économique aux Etats-Unis et envisageait encore des hausses de taux en 2018 et même encore trois en 2019. Nous tablions tous sur un taux directeur autour des 3%, et il y a un an, comme le montre le graphique, le rendement du treasury 2 ans se situait à 2.78%.

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Un an plus tard, ce même rendement est à 1.75%, et lors de sa réunion qui se termine demain soir la FED devrait encore réduire de 0.25% son taux directeur pour le ramener autour de 2%.

Et pourtant, le taux de chômage est à 3.7% soit à un plus bas quasiment historique, les créations d’emploi ont certes ralenti mais n’en demeurent pas moins suffisantes pour absorber les nouveaux entrants, la consommation demeure le moteur de l’économie, et la bourse américaine se porte bien.

A priori rien ne pourrait expliquer la baisse des taux, sauf que le ralentissement en Chine a un impact sur l’industrie manufacturière aux Etats-Unis et sur les exportations américaines. Sauf que la guerre commerciale a un impact identique en plus d’affecter la production agricole. Sauf que le risque d’un hard Brexit pèse sur la confiance mondiale et que le ralentissement de la Chine se répercute sur l’ensemble de l’économie mondiale.

Sauf que les autres banques centrales ont déjà amorcé un sérieux mouvement de baisse des taux et que le différentiel de taux renforce le dollar, ce qui est évidemment pénalisant pour les entreprises américaines.

Powell devrait donc encore baisser les taux demain et sans doute encore une fois en décembre, mais rien ne justifie d’autres baisses de taux et il n’est nullement question de récession aux Etats-Unis.

Inquiétude toujours

En revanche, l’inquiétude reste importante des conséquences d’un hard Brexit avec des mises en garde et révisions négatives.

Cela a incité la British Chambers of Commerce à revoir à la baisse ses prévisions pour cette année à 1.2% contre 1.3%, mais surtout à 0.8% contre 1% pour 2020, et encore sans avoir envisagé le pire des scénarii.

Un autre élément interpelle et pourrait encore aggraver la situation, la forte chute du taux d’épargne des ménages britanniques comme le montre le graphique. Or il ressort que même si de nombreux facteurs déterminent la rapidité avec laquelle un pays se remet d’une récession, le taux d’épargne des ménages semble être important.

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Selon une étude de l’OCDE, lors de la crise financière de 2008, les pays qui sont entrés en récession avec des taux d’épargne nette des ménages supérieurs à leur moyenne décennale se sont redressés le plus rapidement. Inversement, ceux qui sont entrés en récession avec des taux d’épargne des ménages inférieurs à la moyenne décennale ont eu tendance à mettre plus de temps à récupérer leur production perdue.

Et donc vu le manque de marge de manœuvre financière des ménages britannique cela pourrait entraîner des difficultés en cas de récession.

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