Au revoir … et merci

Posté le 12 septembre 2019
FRANKFURT, GERMANY - AUG 23: The Famous Big Euro Sign at the European Central Bank on August 23, 2012 in Frankfurt, Germany. The bank was established by the Treaty of Amsterdam in 1998.

FRANKFURT, GERMANY – AUG 23: The Famous Big Euro Sign at the European Central Bank on August 23, 2012 in Frankfurt, Germany. The bank was established by the Treaty of Amsterdam in 1998.

Tous les regards seront bien évidemment tournés vers la BCE et son président Mario Draghi, qui tiendra sa dernière réunion, avec un mandat qui n’a pas été simple, mais qu’il a assuré avec brio.

Les attentes

Avant de parler du bilan de Mario Draghi, que faut-il attendre de cette réunion ? D’abord que la BCE va revoir sans aucun doute, légèrement à la baisse ses prévisions de croissance et d’inflation.

Ce n’est pas étonnant vu évidemment la dégradation des indices de confiance en particulier en Allemagne. Cela a d’ailleurs incité l’institut IfW à anticiper une croissance de -0.3 % au troisième trimestre en Allemagne avec comme conséquence de revoir ses prévisions de croissance pour 2019 et 2020.

Au lieu d’un taux de croissance de 0.6 % cette année, il ne table plus que sur un taux de 0.4 %, et au lieu de 1.6 % en 2020 il table sur un taux de 1 %.

Compte tenu de ce contexte, la BCE devrait réduire le taux de dépôt obligatoire qui se situe actuellement à -0.40 %, la seule interrogation étant de savoir si la baisse sera de -0.10 % ou de -0.20 %.

Pour un peu soulager les banques de l’impact de ce taux négatif, elle devrait annoncer un mécanisme de taux de dépôt à plusieurs niveaux.

Troisième mesure attendue, elle devrait utiliser le « forward guidance » pour annoncer que les taux resteront à ce niveau pour une longue période au-delà du second semestre 2020 et donc repousser la perspective d’une hausse.

Elle donnera également le détail du programme de prêt aux banques (TLTRO) qui devrait démarrer en 2020 sur une durée de 2 ans, simple confirmation d’une annonce précédente.

Par contre, il est moins évident qu’elle annonce une reprise de son programme de rachat d’actif (QE ou programme d’assouplissement quantitatif) vu l’opposition d’un certain nombre des membres du Conseil des Gouverneurs. Pour éviter un blocage, Mario Draghi pourrait annoncer l’intention de la BCE de relancer ce programme en cas de nécessité et de laisser le mettre en place par Christine Lagarde.

Le marché a déjà un peu anticipé ces décisions quand on observe l’évolution du rendement du bund 2 ans, et la confirmation de ce scénario aura probablement comme effet de provoquer une légère remontée des taux, car les anticipations demeurent un peu excessives.

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Sans refaire la genèse du mandat de Mario Draghi, et même si certaines décisions peuvent après coup être discutées, il a été la bonne personne au bon moment. Il a osé mettre en place des mécanismes inédits et permis d’éviter la déflation dans la zone euro en 2015 et 2016, éviter l’effondrement de toute la zone euro au moment des difficultés des banques espagnoles en juillet 2012, et aidé à la mise en place du mécanisme d’aide aux banques en difficulté sans passer par les États.

Il n’a pas réussi à relancer l’inflation, mais cette absence d’inflation demeure une énigme et est liée aussi aux bouleversements importants du monde du travail et de l’impact des nouvelles technologies. Et sans doute qu’il n’a pas été assez incisif vis-à-vis des États et de leur absence de volonté de réforme.

Et donc merci Mario Draghi car la zone euro est plus forte aujourd’hui et mieux armée même si les défis demeurent énormes.

Apaisement

Nous n’arrêterons pas d’être surpris, positivement ou négativement d’ailleurs, par les annonces de l’un et de l’autre dans la guerre commerciale.

L’heure est en tout cas à l’apaisement de part et d’autre, avec l’annonce par la Chine qu’elle exemptait 16 types de produits américains de l’imposition des nouvelles taxes douanières. Et de la part de Trump, un report de la hausse de 25 % à 30 % des tarifs douaniers sur 250 milliards d’importations chinoises à la date du 15 octobre au lieu du 1er octobre.

Il a donc une volonté clairement d’apaisement avant la reprise des discussions qui devrait avoir lieu début octobre. Ces annonces ont évidemment aussi contribué à la remontée des taux et la relativement bonne tenue des bourses.

Nouvelle mise en garde

Même si on a le sentiment que les mises en garde ne servent à rien, la publication d’un document préparé par le gouvernement britannique le 2 août provoque de nouveaux remous.

Dans ce document, le gouvernement détaille les conséquences immédiates d’une sortie sans accord le 31 octobre. Selon ce document, les camions pourraient devoir attendre 2 jours et demi avant de traverser la Manche. Le consommateur britannique sera confronté à des problèmes d’approvisionnement en particulier en produits frais et médicaments avec des effets de panique. Cela poserait aussi des problèmes importants dans les échanges d’information entre la police et les services de sécurité.

Tout ce que l’on sait déjà, à part que la date approche et l’état de préparation des entreprises et des particuliers reste toujours aussi faible.

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