Moins d’hystérie sur les taux

Posté le 11 septembre 2019

Business graph on digital display

Après la période un peu hystérique sur les taux, ces derniers sont repartis à la hausse suite à la perspective d’une reprise du dialogue entre les Chinois et les Américains et à la révision à la baisse des attentes concernant les décisions des banques centrales.

Remontée des taux

Il suffit d’observer le graphique qui reprend l’évolution du rendement du treasury 2 ans et 10 ans, pour constater que les taux se sont quand même sensiblement repris. Certes, le différentiel de taux entre les deux est resté toujours aussi faible, mais en une semaine la hausse a été de plus de 0.20 %.

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Même si tout le monde table sur une baisse des taux de la part de la FED la semaine prochaine et de la part de la BCE cette semaine, les attentes ont été revues nettement à la baisse.

Pour la FED, le discours de Powell a fait s’envoler les espoirs d’une baisse brutale des taux, et concernant la BCE, comme il s’agit de la dernière réunion de Mario Draghi, on voit mal ce dernier prendre toute une série de mesures qui ne laisseraient plus aucune latitude à Christine Lagarde.

Et globalement, toutes les banques centrales ont adopté un ton plus prudent et attentiste, enfin presque toutes. Car on attend encore une nouvelle baisse de taux demain de la part de la banque centrale de Turquie.

Après avoir ramené son taux de 24 % à 19.75 %, elle pourrait le baisser encore de 250 bp pour le ramener à 17.25 %, avec un objectif de 16 % pour la fin de l’année.

Mais toujours pas d’inflation

Même si on observe une petite remontée des taux longs, il n’est nullement question de hausse de taux, surtout que l’inflation a tendance à se tasser un peu partout. Et donc les taux vont rester bas encore longtemps, ce qui présente des avantages et des inconvénients comme je le soulignais dans mon intervention dans le blog Moneystore https://moneystore.be/2019/actu/fautil-peur-taux-dintrt-plancher

Je mettais en évidence le recul du PPI en Chine, qui a inéluctablement pour effet de tirer l’inflation vers le bas, mais ce n’est pas le seul pays où l’inflation recule.

C’est le cas en Turquie, ce qui peut justifier la baisse des taux, même si la baisse est plus rapide qu’elle ne le devrait si on se base uniquement sur le niveau d’inflation.

Mais c’est le cas aussi en Suède, où l’inflation est ressortie bien en deçà des attentes de la banque centrale, ce qui vient bouleverser les anticipations de hausse de taux.

Comme le montre le graphique, l’inflation a une tendance nettement à la baisse avec un niveau de 1.3 % au mois d’août alors que la Riksbank tablait sur un taux de 1.5 %.

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Il devient de moins en moins évident que la banque centrale augmente ses taux comme elle en avait l’intention après avoir déjà procédé à une hausse de 0.25 %. Et le scénario d’une baisse de taux est de plus en plus probable compte tenu de ce recul marqué de l’inflation.

Même si l’ampleur est moindre, l’inflation en Norvège a aussi reculé à 2.1 % contre 2.2 %, ce qui éloigne aussi les perspectives de hausse de taux. Dans les deux cas, l’impact sur la devise par rapport à l’euro a été limité, car l’euro reste sous pression dans l’attente de la réunion de la BCE.

Il faut dire aussi que le dollar demeure ferme, conforté dans son niveau actuel par les perspectives d’une reprise des pourparlers et par des anticipations moindres de baisse des taux.

Le limogeage de John Bolton, le conseiller à la Sécurité Nationale de Trump, un vrai faucon dans son équipe, est aussi un facteur potentiel d’apaisement. Car il était en faveur d’une ligne dure vis-à-vis de la Syrie, de la Corée du Nord, du Venezuela et de l’Iran. Un apaisement des relations avec l’Iran, et alors que Trump s’est montré favorable à une rencontre au sommet aurait un impact positif sur le pétrole (enfin cela dépend pour qui évidemment), et sur l’ensemble de la région.

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