En attendant .. les banques centrales

Posté le 9 septembre 2019

banque

Ces deux prochaines semaines, nous allons probablement naviguer entre espoir et résignation, espoir de voir les banques centrales agir sur les taux, et résignation en constatant les dégâts de la guerre commerciale.

Cette semaine, la BCE

La BCE, qui se réunit cette semaine, devrait annoncer tout une série de mesures pour soutenir la croissance et tenter de faire revenir l’inflation à un niveau proche de son objectif.

La dégradation de la situation en Allemagne n’a fait que renforcer ce scénario. En première ligne dans la dégradation du commerce mondial, l’économie allemande ne montre pas le moindre signe de reprise. Alors que l’on espérait un petit rebond de la production industrielle au mois de juillet, cette dernière a reculé de -0.6%.

Ce chiffre renforce le sentiment que l’économie allemande pourrait bien connaitre deux trimestres successifs de croissance négative avec des conséquences négatives pour ses plus proches voisins. Ce n’est pas sans raison que le Bureau du Plan a revu  la croissance pour la Belgique à 1.1% cette année et l’année prochaine.

La semaine prochaine, la FED

Alors que Powell a confirmé que la FED agirait de manière appropriée pour soutenir l’économie américaine, les chiffres du chômage ont renforcé le scénario d’une baisse de taux.

Si le taux de chômage est resté inchangé à 3.7%, en revanche, les créations d’emploi ont été en deçà des attentes avec seulement 130.000 créations d’emploi. Il s’agit du deuxième mois qui montre une moindre création que les mois précédents, ce qui reflète clairement un ralentissement de l’économie. Mais d’un autre côté, le salaire horaire moyen a sensiblement progressé, ce qui soutient bien évidemment la consommation.

Ces chiffres un peu contradictoires ne devraient pas inciter la FED à se montrer agressive dans la baisse des taux, d’autant plus que Powell a répété que les décisions de la FED n’étaient en rien influencées par des facteurs politiques.

La Chine en première ligne

Face au ralentissement, la banque centrale chinoise continue d’assouplir indirectement sa politique monétaire, gardant en réserve une baisse des taux si la dégradation s’accentue.

Ainsi, elle a annoncé une baisse du taux des réserves obligatoires de toutes les banques de 0.50% et de 1% pour les banques commerciales dans les villes. Ce taux de réserve pour les banques a ainsi été ramené à 13%, et c’est évidemment une façon indirecte d’injecter des liquidités dans l’économie. Selon les estimations cela représente une injection d’environ 126 milliards de dollars depuis le début de l’année, cette baisse des réserves étant la troisième.

Mais très probablement que la baisse du taux directeur interviendra compte tenu de la faiblesse de l’économie et en particulier du recul des exportations malgré la baisse du yuan (qui est aussi une façon de soutenir l’économie).

Au mois d’août, en chiffres annualisés, les exportations ont reculé de -1% contre un gain de 3.3% en juillet. La forte baisse du yuan au mois d’août (voir graphique) n’a pas évité ce déclin des exportations à la suite bien évidemment des barrières commerciales imposées par les Américains.

graphe20190909

Le détail des chiffres des flux de la Chine avec ses principaux partenaires est intéressant car il montre très clairement la dégradation des échanges avec les Etats-Unis. Mais aussi que les exportations à destination de l’UE ont augmenté, signal sans doute qu’une partie de la production chinoise qui ne va plus vers les Etats-Unis est redirigée vers l’Europe et vient nous concurrencer.

graphe20190909a

Mais la baisse des taux interviendra aussi parce que les importations ont reculé de -5.6% en chiffres annualisés, comme le mois précédent, démontrant que la croissance intérieure ne prend pas le relais. Et qu’en dépit des mesures de relance, le marché intérieur connait une croissance trop faible pour compenser le fléchissement du commerce international.

Il n’y a pas qu’en Chine que la faiblesse du commerce pèse sur la croissance. Au Japon, le gouvernement a revu à la baisse le chiffre de croissance annuel. Après une première estimation d’une croissance annuelle de 1.8% sur base des chiffres provisoires du deuxième trimestre, il a revu ce taux à 1.3%. Cette révision est en partie la conséquence d’un impact négatif des exportations nettes, mais surtout d’un chiffre nettement moins positif des dépenses en investissement des entreprises. Cela signifie qu’elles mettent un frein à ces derniers compte tenu de la dégradation de l’environnement économique et cela fait craindre évidemment une moindre croissance sur la seconde partie de l’année.

Ralentissement en Russie aussi

Et action de la banque centrale, qui a décidé de réduire son taux de 0.25% pour la troisième fois cette année en le ramenant à 7%. Et compte tenu des risques qui pèsent sur l’économie, de nouvelles baisses de taux ne sont pas à exclure dans les prochains mois.

Avec une inflation de 4.3%, donc proche de son objectif, mais compte tenu que la croissance est attendue entre 0.8% et 1.3% contre une fourchette entre 1% et 1.5% lors de la précédente estimation, elle se doit d’agir.

tableaux20190909


Vous souhaitez me poser une question ?