La forte volatilité des devises

Posté le 6 septembre 2019

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Mine de rien, nous connaissons, ces derniers temps, énormément de volatilité sur les devises avec de fortes variations d’un jour à l’autre, preuve de la nervosité des marchés.

Volatilité des devises

La première devise qui connait énormément de volatilité est bien évidemment le sterling avec une volatilité digne des devises émergentes. Les derniers rebondissements dans le dossier du Brexit ont mis un coup d’arrêt à sa dégringolade et il se reprend nettement comme l’illustre le graphique.

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Le yen, qui est toujours considéré comme une valeur refuge, s’était nettement renforcé par rapport au dollar à cause des tensions commerciales. Comme le montre le graphique, la perspective d’une reprise du dialogue a vu ce dernier s’affaiblir un peu au grand soulagement des entreprises japonaises.

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Si l’on évoque le yen, le franc suisse a connu exactement la même tendance, servant aussi de valeur refuge. Il suffit d’observer le graphique de la parité en EUR/CHF pour mesurer cette hausse du franc suisse, hausse qui a pénalisé les exportations. Cet impact négatif s’est déjà observé dans les chiffres du PIB au deuxième trimestre, ce qui fait craindre un impact encore plus négatif au troisième trimestre vu l’ampleur de la hausse. La croissance en Suisse n’a été que de 0.3% au deuxième trimestre contre 0.4% au premier, plombé par une hausse très modeste des exportations de 0.2%.

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Il faut aussi pointer les forts mouvements sur le yuan (avec une légère détente pour le moment), sur le peso argentin (où le contrôle des capitaux a au moins permis de stabiliser la devise), sur le réal brésilien, sur le rand sud-africain, et j’en passe.

Dernier focus, sur la couronne suédoise, qui comme le montre le graphique, s’est sensiblement renforcée hier après la réunion de la Riksbank. Sans surprise, elle a laissé inchangé son taux directeur à -0.25%, tout en laissant la porte ouverte à une nouvelle hausse de taux avant la fin de l’année, ce qui a fortement surpris. En effet, compte tenu du ralentissement attendu de la croissance en Suède, qui n’échappe pas au contexte mondial, les analystes tablaient sur une longue période de statu quo monétaire, voir même, si nécessaire, une baisse des taux.

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Il n’en est rien puisqu’elle a annoncé que la hausse des taux interviendrait bien mais à un rythme nettement plus lent que prévu précédemment.

Vives inquiétudes pour l’Allemagne

Pas de redressement en vue en Allemagne, bien au contraire après la publication de deux indicateurs qui ont renforcé les risques de récession. D’une part, les commandes à l’industrie ont chuté de -2.7% en juillet, éloignant les perspectives d’un rebond au troisième trimestre. Ce chiffre fait craindre que la hausse attendue de 0.4% de la production industrielle ne soit inférieure (8 h, le chiffre vient de tomber à -0.6%).

Et d’autre part, l’indice PMI du secteur de la construction a poursuivi son mouvement de baisse et a nettement franchi le seuil des 50 comme le montre le graphique. Cela signifie que le ralentissement ne se limite plus à l’industrie mais commence à affecter sérieusement tous les pans de l’économie allemande.

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Marché de l’emploi solide

Les chiffres sur le marché de l’emploi aux Etats-Unis devraient montrer toujours une bonne dynamique de ce dernier même si l’on observe un léger ralentissement.

Le taux de chômage est attendu stable à 3.7%, et les créations d’emploi devraient être de 158.000 contre 164.000 le mois précédent. Il a y clairement un ralentissement dans les créations d’emploi, mais ces dernières sont suffisantes pour absorber les flux de nouveaux travailleurs en âge de travailler qui arrivent sur le marché de l’emploi. Pour autant, sur les douze derniers mois (arrêté en mars 2019), les créations d’emploi ont été en moyenne de 170.000 par mois contre 210.000 précédemment.

Autre signe que le marché connait un léger tassement, le salaire horaire moyen est attendu en hausse de 3% en taux annuel contre 3.2%.

Il n’y a cependant pas de signaux d’un net ralentissement de la croissance aux Etats-Unis, et une baisse massive des taux de la part de la FED ne semble absolument pas nécessaire. Après l’excès de ces derniers jours, les taux longs aux Etats-Unis se reprennent avec un rendement du treasury 10 ans qui est passé de 1.46% à 1.57% en moins d’une semaine.

Petite information

Fitch a baissé le rating de Hong Kong de AA+ à AA avec perspectives négatives compte tenu de la dégradation de l’économie.

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Vous souhaitez me poser une question ?

  • Jean-Louis Gago-Garcia

    Bonjour,

    Je lis régulièrement vos commentaires sur votre blog. Quels sont l’ensembles des éléments du marché que je dois ou nous devons suivre pour anticiper ou comprendre pourquoi l’or XAU, monte doucement et puis chute dramatiquement et très rapidement. C’est un exemple. il y en a d’autre , comme le S&P500 récemment Qui dans ce monde fait bouger ces valeurs de manière aussi rapide, en quelques minutes et la liste des raison pour le XAU par exemple , comme hier?

    Merci pour votre retour.

    Cordialement.

    • BernardKeppenne

      Bonjour,
      Vaste question car ajourd’hui les éléments sont tellement interconnectés que c’est un ensemble d’éléments qui peut expliquer un mouvement. Si je prend le cas de l’or, sa hausse a été soutenue par trois éléments :
      – des achats importants ces derniers temps de la part des banques centrales
      – le niveau très bas des taux d’intérêt qui ont poussé certains investisseurs à revenir vers l’or
      – le contexte général d’incertitude.
      Son recul est simplement lié à l’annonce d’une reprise en octobre des discussions entre les Chinois et les Américains, recul lié cette fois donc à un seul élément.
      C’est parce que cela évolue tellement vite que j’essaie à travers mon blog de vous donner les éléments qui me semblent importants à suivre pour appréhender au mieux les tendance les plus marquantes. Sans avoir pour autant des explications à tout.
      Bonne journée