Non .. c’est non

Posté le 5 septembre 2019

Big Ben at night, London, Vibrant effect applied.

Boris Johnson va-t-il battre Theresa May en nombre de camouflets et de « no » du Parlement ? En tout cas, en deux jours, il a fameusement rattrapé son retard et est en passe de la dépasser si cela continue à ce rythme.

Pas de hard Brexit ?

C’est à deux refus que Boris Johnson a été confronté hier soir. D’abord, le parlement britannique a voté pour l’empêcher de sortir la Grande-Bretagne de l’Union européenne sans un accord le 31 octobre. Ensuite, il a rejeté sa première tentative de déclencher des élections anticipées deux semaines avant la date prévue pour la sortie.

Pour autant, la tenue d’élections anticipées pourrait avoir lieu si le projet de loi qui obligerait le gouvernement à demander un délai de trois mois pour reporter le Brexit plutôt que de partir sans un accord est adopté par la Chambre haute du Parlement, la Chambre des Lords, et qu’il devienne loi, ce qui pourrait se faire lundi.

Mais Boris n’a pas encore totalement perdu la partie, même si le rejet de sa proposition d’élections anticipées a été cinglant, n’ayant obtenu que 298 voix pour alors qu’il lui en fallait 434.

En attendant, le sterling s’est sensiblement renforcé comme le montre le graphique par rapport à l’euro. Et l’éloignement d’une sortie sans accord a aussi contribué à soutenir la bourse américaine et aussi les bourses asiatiques ce matin.

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Apaisement ?

Je n’ose presque plus l’écrire tellement ce terme a déjà été utilisé ces derniers mois, mais compte tenu de la hausse de plus de 2% des bourses asiatiques ce matin il ne semble pas galvaudé.

En dehors des nouvelles en provenance de Grande-Bretagne plusieurs autres facteurs ont contribué à cette hausse. D’abord, la publication des indices PMI des services qui ont montré que ceux-ci continuent de très bien se tenir et compensent en partie la défaillance du secteur manufacturier. Ensuite, l’annonce par Carrie Lam du retrait définitif du projet de loi d’extradition vers la Chine. C’est le signal d’apaisement que les manifestants attendaient et cela pourrait contribuer à faire retomber la tension.

Et pour finir, l’annonce d’une reprise des discussions entre les Chinois et les Américains en octobre, annonce à laquelle tout le monde veut croire même si l’on demeure extrêmement prudent.

Mais les Américains et Trump en particulier a un besoin crucial d’un accord pour espérer remporter les élections présidentielles l’année prochaine et les chiffres économiques montrent, d’une part, que ces provocations affectent l’économie américaine et, d’autre part, que cela ne résout en rien le problème du déficit commercial avec la Chine.

Comme le montre le graphique, le déficit commercial s’est légèrement réduit de 2.7% d’un mois à l’autre, mais depuis l’arrivée de Trump à la Maison Blanche il n’a fait que s’aggraver. Mais surtout, par rapport à la Chine, ce déficit a augmenté de 9.4% d’un mois à l’autre pour s’établir à 32.8 milliards de dollars. C’est la conséquence d’un recul de -3.3% des exportations vers la Chine alors que les importations en provenance de Chine ont progressé de 6.4%.

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La conséquence tangible de la politique de Trump est que sur les sept premiers mois de l’année, les exportations américaines vers la Chine ont reculé de -18.2% alors que les importations en provenance de Chine n’ont reculé que de -12.3%. Ces chiffres montrent bien le net recul du commerce entre les deux nations et le peu d’effet des annonces de Trump pour rééquilibrer les flux.

Dernier élément d’apaisement, l’annonce de la formation d’un nouveau gouvernement en Italie dirigé par Giuseppe Conte. Ce gouvernement comprend 21 membres dont 10 ministres issus du mouvement 5 étoiles, 9 du Parti Démocrate et devrait être beaucoup plus en phase avec l’UE. Il suffit d’observer l’évolution du rendement de l’obligation italienne à 10 ans (voir graphique), pour voir l’euphorie que la formation de ce gouvernement a provoqué.

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