Pas le signal d’une longue série de baisses

Posté le 1 août 2019
Cludy days for the Federal Reserve.

Cludy days for the Federal Reserve.

La FED a bien réduit de 0.25% son taux, mais n’a pas pour autant ouvert toute grande la porte à un cycle de baisse, ce qui a contrarié la bourse américaine hier soir.

Décision de la FED

La baisse de 0.25%, ce qui porte le taux de la FED à 2% – 2.25%, n’est évidemment pas une surprise et était totalement attendue, comme on l’a assez répété ces derniers temps.

Mais, premier constat important, deux membres se sont opposés à cette décision et étaient en faveur d’un statu quo compte tenu de la robustesse du marché de l’emploi.

Deuxième constat, Powell a douché les espoirs de ceux qui tablaient sur le fait que c’était le début d’un cycle de baisse des taux. Il a été très clair sur ce point « let me be clear – it’s not the beginning of a long series of rate cuts », mais tout en entretenant une certaine ambiguïté en declarant aussi « I didn’t say it’s just one rate cut. »

Sachant, que sans aucun doute, cette décision n’allait pas plaire à Trump, ni aux marchés, Powell a annoncé que la FED mettait un terme préventivement à la réduction de la taille de son portefeuille à partir du 1er août au lieu du 1er octobre.

La réaction la plus spectaculaire a sans aucun doute été la hausse du dollar, deuxième élément qui ne va pas plaire à Trump, en absence de la perspective de nouvelles baisses de taux. Le graphique reprend l’évolution de la parité en EUR/USD et montre bien le renforcement du dollar ces derniers mois. Mais il faut dire aussi qu’hier de nouveaux indices, et je vais y revenir, ont pesé sur l’euro, et surtout, comme le montre le deuxième graphique, le différentiel de taux entre le treasury 2 ans et le bund 2 ans s’est élargi, ce qui renforce le dollar.

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D’autres se sont engouffrées

Alors que certaines banques centrales avaient anticipé la décision de la FED, d’autres ont profité de cette annonce pour baisser immédiatement leurs taux. C’est le cas de la banque centrale de Hong Kong qui a aussi réduit de 0.25% son taux pour le porter à 2.5%, une première depuis 2008.

La banque centrale du Brésil a aussi profité de l’aubaine et a réduit de 0.50% son taux pour le porter à 6%. Très probablement que cette baisse plus agressive de son taux a été permise par la décision de la FED, même si le recul de l’inflation donne une certaine latitude à la banque centrale.

Chute des taux en zone euro

Comme le montre le graphique, le rendement du bund 10 ans qui s’était stabilisé, est reparti à la baisse et a atteint un nouveau plancher. Avec un niveau à -0.44%, il est inférieur au taux de dépôt de la BCE et reflète donc l’anticipation d’une baisse de ce dernier.

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Ce nouveau recul des taux en zone euro, et la baisse de l’euro, résultent de deux indicateurs décevants. D’une part, comme le montre le graphique, l’inflation en zone euro a encore reculé et s’éloigne donc encore un peu plus de l’objectif de la BCE. Après le pic d’avril à 1.7%, elle est retombée à 1.1% en juillet.

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Et d’autre part, la croissance en zone euro a été anémique au deuxième trimestre avec un taux de 0.2%, soit un taux annuel de 1.1%, contre 0.4% au premier trimestre, soit un taux annuel de 1.2%.

Comme aux Etats-Unis, l’inflation ne décolle pas alors que le marché de l’emploi s’améliore. Eurostat a en effet annoncé que dans la zone euro, le taux de chômage s’est établi à 7,5% en juin 2019, en baisse par rapport au taux de 7,6% de mai 2019 et au taux de 8,2% de juin 2018. Il s’agit du taux le plus faible enregistré dans la zone euro depuis juillet 2008 et qui pourtant n’engendre pas d’inflation.

Réunion de la BOE

Cette dernière se réunit ce jeudi sous la pression de la chute du sterling qui s’accentue comme le montre le graphique de la parité en EUR/GBP, et dans un climat d’incertitude.

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En cas de sortie de la Grande-Bretagne avec accord, la BOE devrait monter ses taux pour juguler le risque inflationniste provoqué par la chute du sterling. Par contre, en cas de sortie sans accord, et malgré la chute de la devise, elle pourrait devoir baisser ses taux. C’est donc dans cette ambiguïté qu’elle va devoir naviguer, mais en laissant ses taux inchangés compte tenu du fait que tout le monde les réduit c’est un peu comme si elle gardait pour le moment une politique monétaire restrictive.

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Dans notre tableau mensuel, la baisse des taux longs est évidemment toujours à mettre en exergue, ainsi que la très belle performance des bourses. Il ressort aussi que l’euro s’est affaibli par rapport à toute une série de devises.

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