Une Europe à la peine

Posté le 31 juillet 2019

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L’Europe a une nouvelle fois fait pâle figure avec toute une série d’indicateurs économiques plus décevants les uns que les autres.

Déception en Europe

Ces indices ont déçu, et en même temps, ils ont renforcé le scénario d’une baisse des taux de la part de la BCE, vu le ralentissement de l’activité et la faiblesse de l’inflation.

D’abord, deux indices de confiance, dont l’indice de confiance publié par la Commission européenne qui affiche un nouveau recul, comme le montre le graphique, recul qui touche aussi bien l’industrie, que les services ou les consommateurs.

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Le deuxième indice de confiance est l’indice GfK en Allemagne qui mesure le moral des consommateurs et qui poursuit son recul comme l’illustre le graphique. Le consommateur allemand craint pour son emploi à cause de la guerre commerciale, du Brexit et du ralentissement global de l’économie.

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Toujours à propos de l’Allemagne, l’inflation a reculé, ce qui confirme la nécessité pour la BCE de mettre en place de nouvelles mesures de soutien monétaire. L’inflation en Allemagne est en effet tombée à 1.1 % en taux annuel contre 1.5 % le mois précédent.

Sans surprise, la croissance au deuxième trimestre est restée très faible, en tout cas en France et en Belgique. Dans les deux pays, cette dernière n’a été que de 0.2 %, en recul par rapport au trimestre précédent. En France, la déception est d’autant plus grande qu’en dépit des mesures prises par le gouvernement pour répondre aux doléances des « gilets jaunes », la consommation a reculé. Elle n’a été que de 0.2 % contre 0.4 % le trimestre précédent, les 17 milliards d’euros d’augmentation du pouvoir d’achat étant venu gonfler les comptes d’épargne.

Et pour compliquer encore un peu plus la tâche de la BCE, le renforcement du scénario du hard Brexit impacte négativement les taux en Irlande, qui contrairement aux autres pays de la zone euro sont repartis à la hausse. Conséquence, comme le montre le graphique, le différentiel de taux entre le Bund 10 ans et l’obligation irlandaise à 10 ans s’accentue.

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Vu ce tableau, il n’est pas étonnant que les bourses européennes aient connu hier une séance négative avec des taux longs sous pression. Et le chiffre de croissance pour la zone euro attendu à 0.2 % pour le deuxième trimestre contre 0.4 %, soit un taux annuel à 1 % ne va pas améliorer les choses.

Déception aussi en Suède

Il n’y a pas qu’en France et en Belgique que la croissance ait déçu, c’est le cas aussi en Suède avec un recul de cette dernière de -0.1 %, soit un taux annuel de 1.4 % contre 1.9 % attendu. Ce chiffre remet en cause le scénario d’une hausse des taux programmée par la banque centrale fin de cette année ou début de l’année prochaine. Et la couronne suédoise a réagi négativement comme le montre le graphique de la parité en EUR/SEK.

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Malgré un taux négatif à -0.25 %, et une devise plutôt faible, le recul du commerce mondial pèse aussi sur l’activité en Suède.

Contexte délicat en Asie

D’une part, parce que la Corée du Nord a encore tiré deux missiles balistiques, pour la deuxième fois en une semaine.

Ensuite, parce que les discussions entre les Chinois et les Américains restent compliquées, et surtout que jusqu’à présent les Chinois n’ont pas repris leurs achats de produits agricoles américains au grand dam de Trump.

Et parce que l’indice de confiance PMI manufacturier en Chine reste en deçà des 50 à 49.7 contre 49.4, et que l’indice PMI des services recule aussi à 53.7 contre 54.2.

Baisse des taux de 0.25 % et ensuite ?

Au mois de juin, les dépenses de consommation aux États-Unis ont augmenté de 0.3 % contre 0.5 % le mois précédent, démontrant un léger tassement de la consommation.

Dans le même temps, le Core PCE, qui est la référence en termes d’inflation aux États-Unis a progressé de 0.2 % d’un mois à l’autre, soit un taux annuel à 1.6 % contre 1.5 %. Nous sommes donc en dessous de l’objectif de la FED, objectif de 2 %, ce qui lui donne cette latitude de pouvoir agir sur les taux.

Et le tassement observé sur le marché immobilier, avec un recul des prix, comme l’illustre l’indice S&P/Case-Shiller, exclut aussi toute pression inflationniste.

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