L’attente est un supplice

Posté le 30 juillet 2019

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Boris Johnson prépare la Grande-Bretagne a une sortie sans accord après avoir déclaré que l’accord négocié avec l’UE était mort.

Un sterling sous pression

Le sterling, qui était déjà légèrement sous pression, a accentué son recul et comme le montre le graphique de la parité en EUR/GBP le mouvement a connu une très nette accélération.

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On n’est plus très loin du niveau d’août 2017, et il y a fort à parier que le mouvement va s’accentuer. D’une part, parce les positions short sur le sterling se sont nettement renforcées. Et d’autre part, parce que la BOE n’aura d’autre choix que de baisser les taux en cas de sortie sans accord.

Mais il est également sous pression parce que la volonté de Johnson de passer en force pourrait provoquer une réaction de rejet des écossais et des irlandais et entrainer de graves dissensions.

La BOE qui se réunit ce jeudi, ne pourra qu’adopter un statu quo dans l’attente de la suite des événements, mais comme le montre le graphique, les taux longs ont déjà anticipé le mouvement et nous sommes proches du niveau atteint juste après le référendum.

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Une BOJ prête à agir

Compte tenu de la faiblesse de l’inflation et du ralentissement de l’activité à cause de la guerre commerciale, la BOJ garde sa politique monétaire inchangée mais demeure prête à accentuer ses interventions « sans la moindre hésitation » si la situation se dégradait.

Elle pourrait aussi « profiter » de la baisse des taux de la FED pour agir afin d’éviter une appréciation trop forte du yen. Mais elle sera peut-être aussi contrainte de réagir plus rapidement compte tenu de la dégradation du contexte économique.

Le gouvernement a d’ailleurs revu à la baisse ses prévisions de croissance et ne table plus que sur un taux de 0.9% contre 1.3% pour l’année fiscale qui se termine en mars 2020.

Cette révision est surtout la conséquence d’une chute des exportations qui ne devraient progresser que de 0.5% cette année, contre une précédente estimation à 3%. Mais pour certains, cette révision de la croissance est encore trop optimiste, et compte tenu de l’impact négatif de la hausse de la TVA en octobre, la croissance ne serait que de 0.5%.

Comme en écho à leur crainte, la production manufacturière a reculé de -3.6% en juin après une hausse de 2% le mois précédent.

Réunion de la FED

Cette dernière se réunit durant deux jours et son président va devoir jongler pour ne pas décevoir. Tâche ardue car il sait déjà qu’il va s’attirer les foudres de Trump qui a déclaré hier « a small rate cut is not enough ».

Mais tâche compliquée aussi parce qu’il n’y a pas d’unanimité au sein du Comité en faveur d’une baisse de 0.25%, certains en voulant plus et d’autre moins. La robustesse du marché de l’emploi et le bon chiffre de croissance au deuxième trimestre ne plaident pas pour une baisse agressive des taux.

De plus, la reprise des pourparlers entre les Chinois et les Américains entretient l’espoir et un accord évidemment ne justifierait pas une baisse des taux.

Mais d’un autre côté, la perspective de voir la BCE agir et après la volonté exprimée par la BOJ d’agir si nécessaire, et face aux risques de turbulence que pourrait provoquer le hard Brexit, la FED est mise sous pression pour anticiper en baissant ses taux.

Compte tenu de ces éléments, le plus probable, est une baisse de 0.25% du taux avec un message de prudence sur le contexte international en laissant la porte ouverte à une baisse future mais sans donner de timing. Et peut-être aussi en laissant entendre que le processus de réduction de la taille du bilan arriverait tout doucement à son terme.

Il faudra donc patienter jusqu’à demain soir, tout en sachant que l’attente est un supplice.

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