La santé insolente de l’économie US

Posté le 29 juillet 2019

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L’économie américaine affiche une croissance solide et le deuxième trimestre a fait mieux que prévu.

Croissance solide

Même si elle n’a pas réitéré la croissance du premier trimestre, qui était de 3.1 %, au deuxième trimestre, la croissance a été de 2.1 % alors que l’on tablait sur un taux de 1.8 %.

La consommation intérieure reste le fer de lance de la croissance et a connu une croissance de 4.3 %. Par contre, et c’était attendu, comme l’illustre le graphique, cette croissance a été plombée par les investissements, une diminution des stocks, et surtout suite au plongeon des exportations.

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Évidemment, ce taux ne va pas satisfaire Trump, d’une part parce qu’il avait promis une croissance de 3 %, et d’autre part parce que malgré tout ce taux de 2.1 % ne justifie en rien une forte baisse des taux.

La FED qui se réunit ce mardi et mercredi se trouve donc tiraillée entre un taux de croissance qui reste solide, et surtout une consommation intérieure qui s’accélère, et des signaux de ralentissement dans l’industrie à cause de la guerre commerciale.

La baisse de taux de -0.25 % est totalement intégrée par le marché, mais c’est évidemment le message que va distiller Powell qui sera l’élément essentiel après cette réunion. Sur base de ce taux de croissance, une ou deux baisses de taux seraient amplement suffisantes. Et d’ailleurs, le dollar s’est sensiblement renforcé après ce chiffre, par exemple face au yuan, comme le montre le graphique.

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Et son intervention ne sera pas simple, car les pourparlers entre les Américains et les Chinois reprennent cette semaine, or c’est évidemment un fameux facteur d’incertitude. Surtout que selon Trump, les Chinois vont tout faire pour retarder l’accord après les élections de 2020 pour espérer pouvoir négocier avec un président plus accommodant.

Conséquences de cette guerre commerciale

Cette dernière continue de faire des dégâts et de peser sur la croissance mondiale avec en première ligne la zone asiatique qui est particulièrement affectée.

Singapour a vu ainsi sa production industrielle chuter de -6.9 % en taux annuels en juin contre un recul de -2 % le mois passé. Il s’agit du plus mauvais chiffre depuis décembre 2015. Et ce recul est surtout la conséquence d’une chute de -18.8 % de la production des produits électroniques.

En Chine, les profits des entreprises ont chuté de -3.1 % en juin après une hausse de 1.1 % en mai. Sur les six premiers mois de cette année, ils ont reculé de -2.4 % par rapport à la même période l’année passée.

Et de quatre

Avant donc la réunion de la FED, la banque centrale de Russie est la quatrième banque centrale à agir. Cette dernière a réduit de -0.25 % son taux pour le porter à 7.25 %, dans un contexte de recul de l’inflation.

Cette baisse de taux devrait être suivie d’autres, car la banque centrale table encore sur un recul de l’inflation qui devrait tendre vers son objectif de 4 %.

Le rouble n’a pratiquement pas été affecté, parce que la baisse des taux est attendue de la part de la FED, ce qui atténue les effets qu’auraient eu en temps normal un ajustement monétaire.

Dollar ferme

Pour revenir sur le dollar, ce dernier est ressorti renforcé après la publication du chiffre du PIB, mais surtout parce que même si la FED baisse ses taux, les taux dans les autres pays resteront toujours inférieurs. C’est le cas de l’euro, et du yen, mais aussi du dollar australien et néo-zélandais.

Et le dollar s’est aussi renforcé par rapport au sterling, comme le montre graphique, dans la perspective d’une sortie sans accord le 31 octobre prochain.

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