Tout oscille de nouveau à cause du …

Posté le 18 juillet 2019
Container ship berthing

Container ship berthing

Le conflit commercial revient à l’avant plan et plombe de nouveau les taux longs et les bourses, et accélère le mouvement de baisse des taux favorisé aussi par la perspective de baisse de taux de la FED.

Guerre commerciale, le retour

Je parle depuis quelques jours de cette latitude dont vont disposer les banques centrales, et la banque de Corée s’est empressée de mettre à profit cette latitude.

Elle a même surpris tout le monde, car une baisse des taux n’était attendue que fin août, mais elle a décidé de réduire de 0.25% son taux, ce matin, pour le porter à 1.50%, soit la première baisse depuis juin 2016. Il faut dire que la Corée du Sud est en première ligne et qu’elle subit de plein fouet le ralentissement de l’activité en Chine.

Tout comme d’ailleurs le Japon, qui a vu ses exportations reculer de -6.7% en chiffre annuel contre -7.8% en mai. Non seulement, le Japon subit l’impact du ralentissement en Chine, mais est aussi confronté à des discussions compliquées avec les Etats-Unis pour arriver à négocier un accord commercial.

Les importations japonaises ont également reculé de -5.2% sur un an en juin, preuve également d’un ralentissement de la demande industrielle. Et comme pour la Chine, les importations en provenance des Etats-Unis ont reculé de -2.5% avec comme conséquence d’aggraver le surplus commercial du Japon par rapport aux Etats-Unis.

Pas étonnant que l’indice de confiance dans le secteur manufacturier au Japon, voir graphique, ait encore reculé et s’affiche à son niveau le plus bas depuis 3 ans.

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Et il n’y a pas que les industriels qui s’inquiètent de la dégradation du climat économique. Le FMI a rappelé hier que la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine aura un coût de 455 milliards de dollars l’année prochaine, ce qui représente une diminution de -0.50% de la croissance mondiale.

Marché immobilier aux Etats-Unis qui fléchit

Quand on observe le graphique, le mouvement de baisse est modéré, mais il n’en demeure pas moins un mouvement de fond en dépit de la baisse des taux. En effet, quand on observe le niveau du taux hypothécaire à 30 ans, ce dernier est passé de 4.94% en novembre à 3.75% actuellement.

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Et malgré cela, les mises en chantier ont reculé de -0.9%, et les demandes de permis affichent un recul de -6.1% en taux annuel en juin. Ces chiffres confirment les minutes de la FED qui constataient que le marché immobilier était globalement « flat » et qu’il n’allait pratiquement plus contribuer au PIB pour le restant de l’année, baisse des taux ou pas d’ailleurs.

Mais pour autant, selon le Livre Beige de la FED, l’état de l’économie américaine est global positif avec une croissance « modeste » au cours des dernières semaines, les consommateurs continuant de dépenser et des perspectives « généralement positives » dans l’ensemble, malgré les perturbations causées par la politique commerciale américaine.

En résumé, le document présente une économie en bonne santé en prévision de la réunion de la Fed les 30 et 31 juillet, au cours de laquelle on s’attend généralement à ce que la banque centrale réduise ses taux d’intérêt.

Pour autant, il fait état d’une faiblesse dans les affaires des entreprises de transport, un mauvais signe potentiel pour la croissance future, et de problèmes liés au commerce dans le secteur manufacturier.

En Grande-Bretagne, il s’effondre

En tout cas à Londres, les prix de l’immobilier dans la capitale ont chuté de -4.4% en taux annuel, soit la plus forte chute depuis août 2009. C’est un signal de plus du ralentissement de l’économie avec des craintes de plus en plus vives de voir la Grande-Bretagne tomber en récession.

La perspective de l’arrivée de Boris Johnson n’est évidemment pas de nature à rassurer et le sterling continue de se déprécier dans la crainte du retour du scénario du hard Brexit. Johnson aurait l’intention de provoquer des élections générales au printemps prochain, ce qui confirmerait bien qu’il ait l’intention de sortir de l’UE le 31 octobre avec ou sans accord.

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