Une inflation qui demeure élusive

Posté le 12 juillet 2019

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On peut passer à autre chose maintenant que la baisse des taux en juillet de la part de la FED est totalement acquise, sans pour autant ouvrir la porte à un grand mouvement de baisse des taux.

Mêmes propos

Powell a tenu les mêmes propos et a donc confirmé la baisse des taux compte tenu des trois incertitudes que sont le ralentissement économique mondial, la guerre commerciale et la faiblesse de l’inflation.

A propos d’inflation, la publication du CPI en hausse ne va pas pour autant changer la position de la FED. L’inflation a en effet progressé de 0.3% au mois de juin, soit la plus forte hausse depuis 1 an et demi. En taux annuel cela donne un taux à 2.1% contre 2%. Mais si l’on prend en considération, le core CPI, le taux est passé de 1.8% à 1.6%, montrant donc toujours une absence de pression inflationniste.

Comme le montre le graphique du rendement du treasury 2 ans, après une période d’exagération et d’anticipation d’une baisse agressive des taux, ce rendement s’est légèrement repris et se stabilise.

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Inflation élusive

Il ressort clairement des minutes de la dernière réunion de la BCE que les propos de Mario Draghi reflétaient bien les inquiétudes de l’ensemble des membres du Conseil des gouverneurs.

On peut en effet lire « il y a eu un accord large sur le fait qu’à la lumière de l’incertitude accrue, qui devrait se prolonger, le Conseil des gouverneurs devrait être prêt et préparé à assouplir davantage la politique monétaire ».

Et ils sont prêts à envisager des mesures comme de nouveaux achats d’actifs et des baisses de taux vu la faiblesse de l’inflation et vu le niveau très faible des anticipations d’inflation (voir le graphique des anticipations d’inflation à 5 ans pour 5 ans).

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Ce message est en droite ligne conforme aux recommandations du FMI, qui s’inquiète car la zone euro fait face à « une période prolongée de croissance anémique et d’inflation ». Et il est évidemment extrêmement intéressant de se plonger dans les recommandations du FMI car ayant encore Christine Lagarde comme Directrice cela nous donne des indications précieuses sur ce qu’elle pourrait faire comme présidente de la BCE.

D’abord il faut souligner que le FMI se réjouit des intentions de la BCE de maintenir sa politique de monnaie facile car « la sous-estimation de l’objectif d’inflation exige un assouplissement prolongé de la politique monétaire « . Que recommande donc le FMI à la BCE en particulier ? Trois points qui pourraient sous-tendre la politique future Christine Lagarde.

Premièrement, le FMI a des doutes quant à l’éventualité d’un projet de taux de dépôt progressif, qui réduirait les frais que les banques paient sur une partie de leurs liquidités excédentaires. Donc exit probablement cette possibilité, qui avait déjà été considérée comme difficile à mettre en place par certains membres du Conseil.

Deuxièmement, le FMI est favorable, dans l’éventualité d’une nouvelle détérioration des anticipations d’inflation, à la relance d’un nouveau programme d’achat d’actifs. Achats d’actifs qui pourraient être élargis à un ensemble plus large d’actifs éligibles, ce qui pourrait éviter le problème de concentration de dette.

Troisièmement, mettre en place « de nouvelles facilités de trésorerie moins coûteuses pour les banques », connues sous le nom de TLTRO. Mais il estime « qu’il convient que la BCE raccourcisse la durée de vie des nouveaux TLTROs et offre des conditions tarifaires moins généreuses que celles de TLTRO II ».

Passer à autre chose ne sera pas nécessairement positif

Car la FED a raison de s’inquiéter du ralentissement de l’économie mondiale, quand on voit les chiffres du PIB à Singapour pour le deuxième trimestre.

Car c’est un constat assez catastrophique avec un recul de -3.4% du PIB au deuxième trimestre, soit un taux annuel de 0.1%. Il s’agit du niveau le plus faible depuis le second trimestre 2009.

Ce recul est bien évidemment la conséquence de la guerre commerciale qui a fait plonger la production manufacturière de -3.8% en taux annuel, phénomène qui n’est pas cantonné à Singapour mais qui touche aussi la Corée du Sud qui flirte également avec la récession.

Les autorités de Singapour qui avaient tablé sur un taux de croissance entre 1.5% et 2.5% cette année, vont devoir revoir drastiquement leurs prévisions, qui sont estimées maintenant entre 0.5% et 1.5%. Ce chiffre devrait inciter la banque centrale à baisser ses taux, et la baisse des taux attendue de la part de la FED lui facilitera la tâche.

On attend aussi les chiffres de la balance commerciale en Chine qui devraient être marqué par un recul des exportations, reflet aussi des impacts de la guerre commerciale. Et, ce qui ne plait pas du tout à Trump, les importations de soja américains n’auraient pas repris, preuve que les deux dirigeants ont eu une lecture différente du résultat de leur rencontre lors du G20.

Et on attend aussi le chiffre de la production industrielle en zone euro, qui après une contraction de -0.38% en chiffre annuel, comme le montre le graphique, devrait se contracter de -1.6%.

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