Powell, la nouvelle coqueluche des marchés ?

Posté le 11 juillet 2019

New York City, USA - September 26, 2014: Nasdaq billboard at Times Square New York City

Les marchés ont entendu exactement ce qu’ils voulaient entendre de la part de Powell et en sont ressortis rassurés et provisoirement apaisés.

Prête à agir

Le message de Powell a en effet été de dire que la FED est prête à « agir de manière appropriée » en soulignant que les inquiétudes liées au commerce international et au ralentissement mondial continuent de peser sur les perspectives économiques aux Etats-Unis.

Même s’il n’a pas donné d’indication si la baisse des taux serait suivie rapidement d’autres, ni l’ampleur de la première, ces propos ont amplement suffi pour rassurer les marchés.

Et sans surprise, les réactions ont été une hausse de la bourse américaine, avec un Dow Jones qui a, à un moment, touché son plus haut historique, des taux longs qui sont retombés après avoir augmenté sur les doutes sur les intentions de la FED, et un dollar qui a sensiblement reculé dans cette perspective de baisse des taux.

La publication du chiffre d’inflation aux Etats-Unis ne devrait que conforter ce scénario car cette dernière ne montre aucun signe de tension.

Inquiétudes

Powell a bien exprimé ses craintes quant à l’impact des tensions commerciales et il n’est pas le seul. La Commission européenne lors de la présentation de ses prévisions a intitulé son message « les perspectives de croissance assombries par des facteurs extérieurs ».

Les révisions de la Commission sont marginales, que cela soit pour le PIB ou l’inflation, mais elles sont néanmoins encore une fois des révisions à la baisse. Le tableau donne le détail des prévisions de croissance pour tous les pays.

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Concernant l’inflation, la Commission a revu cette dernière à la baisse de 0.1% pour cette année et pour l’année prochaine, principalement en raison de la baisse des prix du pétrole et de la légère dégradation des perspectives économiques. L’inflation (indice des prix à la consommation harmonisé) prévue dans la zone euro est désormais de 1,3 % en moyenne, tant pour 2019 que pour 2020 (prévisions de printemps : 1,4 % en 2019 et en 2020).

La Commission constate les divergences de croissance au sein de l’UE et en particulier la faiblesse de la croissance en Italie et en Allemagne.

Il faut souligner cette année l’écart significatif des prévisions de croissance entre la France et l’Allemagne, écart confirmé par les indicateurs économiques. Le dernier en date, étant le chiffre de la production industrielle en France qui a progressé de 2.1% en mai, après une hausse de 0.5% en avril. Et on ne s’étonnera donc pas de la sous performance de la bourse allemande par rapport à la bourse française comme le montre le graphique depuis 1 an.

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Concernant la Grande-Bretagne, les prévisions de la Commission sont purement techniques vu les incertitudes qui entourent le Brexit. Alors que les indicateurs ces dernières semaines montraient un net ralentissement de l’activité, grâce à une reprise dans l’industrie automobile, la croissance en Grande-Bretagne a progressé de 0.3% en mai après une contraction de -0.4% en avril.

Pour l’UE, la situation demeure fragile et elle n’est nullement à l’abri d’une escalade dans la guerre commerciale de la part des Etats-Unis alors que ceux-ci viennent d’ouvrir un nouveau front en se penchant sur la décision de la France de taxer les Gafa. Et ce n’est pas le premier car manifestement l’administration Trump semble toujours prête à imposer des tarifs sur les importations européennes de voitures, menace de prendre des mesures concernant les subventions à Airbus, et menace aussi les Européens de sanctions dès août ou septembre en raison des objections des États-Unis au projet de gazoduc Nord Stream 2 en Russie.

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