En attendant … Powell évidemment

Posté le 10 juillet 2019

Business woman are checking exchange rates by using digital tablet

Nous allons très probablement rentrer dans une phase d’attentisme avec en ligne de mire la réunion de la BCE le 25 juillet et surtout celle de la FED du 31 juillet, qui devrait entériner la baisse des taux.

Dans l’attente de ..

L’intervention de Powell, qui devrait confirmer cette baisse de taux dans un climat délétère de pression de la part de la Maison blanche qui continue son travail de sape.

En l’absence d’avancées dans les discussions entre les Chinois et les Américains, la FED dispose de la latitude suffisante pour faire un premier pas qui sera donc celui d’une réduction de 0.25% de son taux directeur. Les taux longs sont légèrement repartis à la hausse après la phase d’euphorie et d’anticipation d’une baisse de 0.50% des taux. Car si la probabilité d’une baisse de 0.25% est de 98.5%, celle d’une baisse de 0.50% est tombée à zéro. Powell sera donc plus attendu sur la suite du mouvement, car nous sommes actuellement à 40.5% de probabilité de deux baisses de taux en 2019 et à 36.3% pour trois baisses de taux en 2019.

Insidieusement

Même si le suspens n’en est pas un pour le résultat du vote pour désigner le premier ministre,  insidieusement, le sterling s’affaiblit, comme le montre le graphique, et a été toucher le niveau des 0.90 par rapport à l’euro.

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Il faut dire qu’en plus de la personnalité très controversée de Johnson, les indicateurs économiques se dégradent et le risque d’une stagnation de l’économie s’amplifie.

Et pour couronner le tout, des rumeurs évoquent la possibilité de voir le gouverneur de la BOE être proposé à la tête du FMI. Son départ tomberait au plus mauvais moment pour la BOE qui devra peut-être devoir gérer une situation chaotique en cas de hard Brexit. Alors même qu’elle a déjà indiqué un changement de ton et qu’elle semble avoir abandonné ses intentions de hausse de taux, et qu’au contraire elle n’exclut plus une baisse des taux, ce qui pèse aussi évidemment sur le sterling.

Nouveaux signes de ralentissement

Comme le montre le graphique, l’indice PPI en Chine est tombé à 0% en taux annuel contre un taux de 0.6% le mois passé. Il s’agit du niveau le plus bas depuis août 2016 et qui reflète le ralentissement de l’activité, en particulier de l’industrie manufacturière.

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Par contre, en grande partie à cause de la peste porcine africaine, l’inflation est restée à 2.7% en taux annuel, un taux un peu trop élevé et qui réduit la marge de manœuvre pour baisser les taux.

En revanche, le recul du PPI, qui fait craindre le retour de la déflation, devrait inciter les autorités à poursuivre leur réduction des taux des réserves des banques pour soutenir les crédits.

Autre signal, en Australie cette fois-ci, et malgré les baisses de taux très agressives et le niveau inédit atteint, l’indice de confiance des consommateurs est tombé à son niveau le plus bas depuis 2 ans. Combiné à des indices de confiance en recul aussi dans l’industrie, ce recul de la confiance des consommateurs renforce le scénario d’une nouvelle baisse des taux malgré les deux précédentes.

En Italie, les ventes de détail ont reculé de -0.7% contre un taux inchangé le mois passé, soit un taux annuel qui est tombé à -1.8% contre 4.2%. Je m’interrogeais la semaine passée sur le recul des ventes de détail dans certains pays, dont l’Allemagne, et force est de constater que la tendance semble se généraliser.

Malgré la faiblesse des taux, la consommation marque le pas, ce qui pourrait encore venir accentuer le ralentissement de la croissance. Et bien évidemment, cela risque aussi de peser sur l’inflation, qui déjà en deçà de l’objectif des banques centrales dans la majorité des cas. Et le recul du PPI en Chine contribue aussi à tirer les prix vers le bas.

Et donc en attendant Powell, « essayons de converser sans nous exalter puisque nous sommes incapables de nous taire », Samuel Beckett.

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