Les taux longs auraient-ils raison ?

Posté le 5 juillet 2019

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Les chiffres du chômage aux Etats-Unis, publiés cet après-midi, vont déterminer l’ampleur de la baisse des taux lors de la réunion de la FED fin juillet, et donc peser ou pas encore un peu plus sur les taux longs.

Chiffres du chômage

Le taux de chômage aux Etats-Unis est attendu stable à 3.6%, avec une hausse mensuelle de 0.3% du salaire moyen, soit un taux annuel de 3.2% contre 3.1%. Mais l’indicateur principal sera celui des créations d’emploi, avec des prévisions qui tournent autour des 160.000 contre 75.000 le mois passé.

Si ce chiffre est confirmé, la FED devrait alors baisser ses taux de 0.25% lors sa réunion du 30 et 31 juillet. En revanche, en cas de chiffre décevant, la probabilité d’une baisse de 0.50% des taux augmenterait sérieusement avec une baisse des taux longs.

Les taux longs continuent en attendant d’anticiper les futures baisses de taux avec un rendement du bund 10 ans qui confirme son niveau de -0.40%, soit le taux de dépôt de la BCE. Et alors que des élections se tiennent ce week-end en Grèce, le taux grec à 10 ans se situe à son plus bas historique comme le montre le graphique.

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Chiffres des ventes de détail qui posent question

Il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions mais les chiffres des ventes de détail montrent un certain essoufflement qui pose question.

Ainsi, en Hongrie, les ventes de détail affichent une progression annuelle de 2.6% en mai contre des taux de 7.3% en avril et de 8% en mars.

En Australie, ces dernières ont augmenté de 0.1% en mai après un recul de -0.1% en avril, chiffres qui expliquent certainement en partie la décision de la banque centrale de baisser ses taux deux fois en peu de temps. Ce chiffre renforce d’ailleurs le scénario d’une troisième baisse de taux vu l’absence d’une hausse des salaires qui permettrait de soutenir la consommation.

Et dans la zone euro, ces ventes de détail ont reculé de -0.3% en mai, alors qu’elles avaient déjà reculé de -0.1% en avril. Par rapport à l’année dernière, elles ont progressé de 1.3% contre 1.8% le mois précédent. Ce recul des ventes de détail est interpellant car si la consommation, qui avait pris le relais de la croissance, commence à faiblir elle aussi, cela signifie que la croissance pourrait encore plus ralentir. Cette évolution doit aussi se voir par le prisme de l’évolution des encours des comptes d’épargne qui ne cessent d’augmenter alors que les taux n’ont jamais été aussi bas et qu’ils ne couvrent en rien l’inflation.

Est-ce que cette érosion du pouvoir d’achat par la détention des encours en compte d’épargne explique ce recul des ventes de détail ?

Bonne nouvelle au Japon

Les dépenses de consommation ont progressé de 5.5% en mai contre une contraction de -1.2% en avril. Soit un taux annuel de 4% qui s’explique en partie par les 10 jours de congé pour le sacre de l’Empereur. N’empêche qu’il s’agit d’un signal fort et encourageant qui montre que la consommation pourrait assurer la croissance.

Mais il faut se montrer prudent car la hausse de la TVA annoncée par le gouvernement pour le mois d’octobre pourrait en partie expliquer ce chiffre et on pourrait assister par après à un fort recul de ces dépenses comme en 2014.

Baisse du prix du baril

Malgré les tensions dans le Golfe, malgré la chute de la production en Libye et au Venezuela, et surtout malgré la prolongation de la réduction de la production par l’OPEP et la Russie, le prix du baril a légèrement baissé (voir le graphique du WTI).

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Ce recul est lié à une baisse sensible de la demande en particulier des Etats-Unis qui est le premier consommateur mondial. Cette baisse vient confirmer le recul de l’activité dans l’industrie américaine qui a été acté par la publication de l’indice ISM manufacturier et par le recul des commandes à l’industrie.

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