Quel sera le message de la FED ?

Posté le 17 juin 2019

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La FED se réunit cette semaine dans un climat très particulier, marqué par les tensions au Moyen Orient, par la poursuite de la guerre commerciale, par des indicateurs divergents, par l’absence d’inflation, et par une énorme pression politique.

Quel message ?

Si aucun changement sur les taux n’est attendu lors de cette réunion (il suffit de regarder pour cela le niveau du dollar), en revanche, la probabilité d’une baisse en juillet reste à 85%. Et donc le message que donnera Powell après deux jours de réunion viendra confirmer ou pas cette baisse de taux.

La FED ne doit cependant pas s’engager trop vite dans la baisse des taux, car l’économie américaine est loin d’un ralentissement brutal comme l’a montré le chiffre des ventes de détail. Ces dernières ont en effet augmenté de 0.5% en mai après une hausse de 0.3% le mois passé.

Et ce n’est pas tout, comme le montre le graphique, la production industrielle a augmenté pour la première fois de l’année, une hausse de 0.4%. Compte tenu de ces chiffres, la FED d’Atlanta a revu à la hausse ses prévisions pour 2019 et table désormais sur un taux annuel de 2.1%.

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Mais la FED va devoir tenir compte du contexte mondial et en particulier du ralentissement en Chine.

Déception en Chine

La production industrielle n’a progressé que de 5% en mai, soit le taux le plus faible depuis 17 ans. Cette dernière est évidemment directement impactée par la guerre commerciale qui pèse sur les exportations.

Par contre, les ventes de détail ont progressé de 8.6% contre 7.2% le mois passé, ce qui démontre que les mesures prises par les autorités ont un effet sur la demande intérieure.

Mais le recul des investissements, qui sont passés de 6.1% pour la période de janvier à avril à 5.6% pour la période de janvier à mai, démontre que l’économie marque le pas et a besoin des interventions des autorités.

Et c’est d’ailleurs pour cette raison, qu’elles ont décidé de la réduction en trois phases des taux des réserves des banques, ce qui a déjà permis de libérer 14 milliards de dollars en plus des injections de liquidités effectuées par la banque centrale.

Baisse de rating

Moody’s a décidé de faire basculer la Turquie dans la zone des « junk bunds » en faisant passer son rating de Ba3 à B1 tout en gardant en plus des perspectives négatives.

Les autorités turques se sont insurgées contre cette décision qu’elles estiment totalement infondées, mais Moody’s s’inquiète de l’absence d’amélioration de la situation et même du risque d’une dégradation des finances.

Recul de la demande

Si le prix du baril reste soutenu c’est évidemment toujours à cause des tensions dans le Golfe.

Mais fondamentalement, la demande devrait reculer comme le montre le graphique selon les estimations de l’Agence Internationale de l’Energie. Selon ses prévisions, la demande des principaux pays devrait se tasser et ne sera compensée qu’au cours de l’année prochaine par une hausse de la demande émanant des pays en développement.

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C’est la raison pour laquelle l’OPEP et la Russie devraient maintenir leur réduction de production pour éviter de voir encore les prix se tasser sur le restant de l’année.

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Vous souhaitez me poser une question ?

  • Léon Lambert

    Bonjour Mr Keppenne,
    Et l’or physique dans tout cela ?
    Bonne journée
    Léon Lambert

  • BernardKeppenne

    Bonjour Monsieur Lambert,
    J’ai été interviewé ce matin sur la première à 7 h32 sur les raisons qui expliquaient la hausse de l’or. Vous pouvez retrouver mon intervention sur Auvio.
    Si votre question est de savoir si l’or est à considéré dans un portefeuille, il peut en effet faire partie d’un portefeuille bien diversifié mais pour une petite part.
    Bonne journée