Un regain de tension

Posté le 14 juin 2019

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Les tensions dans le Golfe d’Oman ont certes provoqué une hausse du prix du baril, mais cela ne remet pas en cause la tension baissière observée depuis quelques mois déjà, sauf en cas d’embrasement dans la région.

Tensions dans le Golfe

C’est évident qu’il nous manquait une petite tension complémentaire et surtout géopolitique dans la région. Après l’annonce que deux pétroliers ont été attaqués, le prix du baril a repris entre 2 % et 3 %, même si ce n’est pas le premier incident de ce genre.

Tous les regards se tournent vers Téhéran qui avait menacé les Américains de bloquer le Golfe en cas de sanctions. Mais d’autres pays dans la région ont aussi intérêt soit à provoquer une hausse du prix du baril, soit de voir une intervention américaine.

Mais comme je le soulignais hier, la faiblesse de la demande devrait peser sur les prix dès que la tension retombera.

Baisse des taux encore

La hausse du baril n’a pas inversé la tendance sur les taux d’intérêt avec un rendement du treasury 10 ans qui se situe pratiquement à son niveau le plus bas de l’année comme le montre le graphique.

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Il faut dire que malgré l’imposition des tarifs douaniers les prix à l’importation aux Etats-Unis ont reculé de -0.3 % au mois de mai. Soit un recul de -1.5 % sur un an, lié essentiellement au déclin du prix du pétrole.

Ce qui renforce évidemment le scénario d’une baisse de taux de la part de la FED dans un avenir proche vu cette absence de risque d’emballement de l’inflation.

Autre élément qui a aussi pesé sur les taux, c’est le recul de -0.5 % de la production industrielle dans la zone euro en avril contre un recul de -0.4 % le mois précédent.

Ce recul est essentiellement imputable au recul de la production industrielle en Allemagne. Et même si un rebond est espéré en cas de résolution, même partiel, des tensions commerciales, cette dernière aura du mal à se redresser rapidement.

Il faudra aussi être très attentif aux chiffres qui seront publiés ce matin sur l’état de l’économie chinoise. On attend une hausse de 5.5 % en taux annuel de la production industrielle contre une hausse de 5 %, et une hausse de 8.1 % des ventes de détail contre un taux de 7.3 % le mois passé.

Si ces chiffres sont confirmés, ils montreraient que l’économie chinoise fait preuve de résilience et que les mesures prises par les autorités produisent leurs effets.

Franc suisse surévalué

La Banque Nationale suisse qui se réunissait hier n’a pas modifié d’un iota ses taux et est bien décidée à maintenir ces derniers à leur niveau actuel pour une longue période, surtout après l’annonce de la BCE la semaine passée.

Elle s’inquiète et surveille toujours le niveau du franc suisse qui reste toujours une valeur refuge. Elle continuera à intervenir verbalement ou concrètement pour limiter la hausse du franc suisse même si, comme le montre le graphique, il a tendance à se renforcer inexorablement par rapport à l’euro.

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Le scénario du non-deal s’est renforcé

Boris Johnson a remporté haut la main le premier vote avec 114 voix sur un total de 313. Le second round devrait intervenir le 18 juin pour arriver à ne plus avoir que deux candidats, avec comme objectif de désigner un nouveau premier ministre pour fin juillet.

Mais la personnalité de Boris Johnson risque fort de rendre les relations entre la Grande-Bretagne et l’UE très compliquée même si le Parlement britannique doit être consulté et qu’il a voté contre le principe d’une sortie sans accord.

Mais la Commission européenne a constaté que la perspective d’une sortie sans accord se renforçait dangereusement après ce vote, tout en continuant de trouver cette possibilité tout à fait indésirable.

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