Une confiance en berne

Posté le 24 mai 2019
Robots welding in a production line

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Pas de miracle avec les indices PMI en zone euro qui ne sont pas stabilisés comme escompté, mais il faut bien reconnaitre qu’il n’y a aucun élément susceptible pour le moment de restaurer la confiance.

Nouveau recul des indices PMI

Et donc au lieu d’une stabilisation des indices de confiance, nous avons assisté à un nouveau recul de ces derniers, et en particulier en Allemagne.

Comme le montre le graphique, c’est en particulier le secteur manufacturier qui continue de souffrir et qui tire la croissance allemande vers le bas. Mais comme le soulignait, l’économiste de Markit, « il semble que le ralentissement de l’activité manufacturière ait dépassé son point culminant et s’oriente vers une période de stabilisation, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant de retrouver la croissance de l’économie manufacturière « .

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Mais le chemin sera quand même très long, car au même moment, l’indice IFO affichait aussi un nouveau recul, affichant son niveau le plus bas depuis novembre 2014 (voir graphique).

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Ce recul des indices en Allemagne a bien évidemment eu un impact sur les indices PMI en zone euro, indices qui ont aussi affiché un recul, mais limité grâce à la bonne tenue des indices en France.

Cette nouvelle dégradation de ces indices n’a pas du tout été du goût des bourses surtout dans le contexte de tension sur les nouvelles technologies avec l’affaire Huawei. La deuxième conséquence a été un nouveau recul des rendements obligataires avec une nouvelle fuite vers la qualité.

Mais plus spectaculaire encore a été la chute du prix du baril texan, voir le graphique, qui a perdu -6% de sa valeur en une seule séance et qui a été arrêté dans sa chute par les tensions au Moyen-Orient et la réduction de la production de l’OPEP.

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Et si la bourse américaine a suivi les bourses européennes dans leurs corrections et que les taux américains ont eu suivi la baisse des taux européens, c’est aussi parce que les indicateurs économiques américains ont reculé.

Recul aux Etats-Unis aussi

Même si l’indice PMI est moins regardé que l’indice ISM aux Etats-Unis, un double recul de ces indices PMI ne peut manquer de susciter une certaine inquiétude.

L’indice PMI manufacturier est tombé à 50.6 contre 52.6 le mois précédent et affiche ainsi son plus bas niveau depuis septembre 2009. Vu le poids du secteur manufacturier, ce recul pourrait être relativisé.

Mais l’indice PMI non manufacturier a aussi reculé à 50.9 contre 53, soit son niveau le plus bas depuis 39 mois.

Et pour corser le tout, les ventes de maisons neuves ont chuté de -6.9% en avril, mais ce recul intervient après une hausse exceptionnelle en avril.

Pour autant, l’accumulation de ces indices négatifs dans le contexte d’une guerre commerciale qui est devenue une guerre technologique qui vise à écraser la Chine, n’est pas de nature à rassurer les marchés.

Et pas la FED non plus, comme il est ressorti des propos de certains membres de cette dernière qui s’inquiètent de l’impact négatif de la guerre commerciale sur l’économie américaine. Selon une étude de la New York Federal Reserve Bank, en l’état, la guerre commerciale représentera par ménage américain un coût annuel de 831 dollars.

Hausse de l’inflation

Tellement exceptionnel que cela mérite d’être souligné, comme le montre le graphique, l’inflation au Japon a connu une hausse assez sensible. L’inflation de base, en particulier, est passée de 0.4% à 0.6%, soit sa plus forte hausse depuis juin 2016.

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C’est évidemment une excellente nouvelle pour la BOJ même si cette hausse doit être nuancée et qu’elle sera sans doute temporaire car liée à la période de congés exceptionnels de 10 jours pour le sacre de l’Empereur.

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