Le ralentissement aux USA se confirme

Posté le 16 mai 2019

Blog-etatsunis

Deux mauvaises nouvelles aux États-Unis, qui ont encore un peu plus tiré vers le bas des taux d’intérêt, déjà sensiblement orientés à la baisse.

Début du second trimestre décevant

Ce n’est donc pas un début en fanfare pour l’économie américaine au second trimestre avec le recul de -0.2 % des ventes de détail. Ce recul vient après, il est vrai, une hausse de 1.7 % en mars. Mais malgré tout, malgré d’excellents chiffres sur le marché de l’emploi, ce recul reflète sans doute en partie la diminution de l’impact de la réforme fiscale.

Et après un premier trimestre qui avait été marqué par une contribution assez faible de 1.2 % de la consommation au PIB, ce chiffre fait craindre une contribution encore plus faible au deuxième trimestre.

La deuxième déception est venue d’une contraction de -0.5 % de la production industrielle, soit le troisième mois négatif sur quatre, comme le montre le graphique. Avec comme conséquence, que les utilisations des capacités industrielles ont reculé à 77.9 %, soit 1.9 % en dessous de leurs moyennes sur la période 1972-2018.

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Le contexte de la guerre commerciale ne va évidemment pas améliorer la situation et on peut craindre que les prochains mois soient aussi décevants pour la production industrielle.

La conséquence la plus tangible de ces deux indices décevants a été un recul généralisé des taux comme le montre le graphique de l’évolution du rendement du treasury 2 ans.

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Confirmation au Brésil

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour avoir la confirmation du ralentissement de l’activité au Brésil, alors que le pays fait face à sa première manifestation d’envergure depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau président.

Un indicateur publié par la banque centrale a reculé de -0.28 % en mars, affichant un recul de -0.68 % sur le premier trimestre confirmant les craintes d’une contraction de l’économie. Cet indice marque un recul de la production industrielle, des ventes de détail et des emplois.

Les derniers indices ont incité Goldman Sachs à revoir ses prévisions et la banque ne table plus que sur un taux de 1.2 % pour 2019.

Vraie lueur d’espoir

Même s’il ne faut jamais crier victoire trop tôt, la croissance est revenue en Allemagne, comme attendu, au premier trimestre.

Après un recul de -0.2 % au troisième trimestre, suivi d’une stagnation au quatrième, la croissance a repris avec une hausse de 0.4 %, soutenue par la construction et la consommation.

Pour autant, l’Allemagne n’est pas tirée d’affaire, car sa croissance est toujours entravée par le Brexit et la guerre commerciale qui pèsent sur ses exportations et sur la production industrielle.

Autre chiffre positif, la croissance au Portugal au premier trimestre de cette année a été de 0.5 % contre 0.4 % le trimestre précédent. En taux annuel, la croissance s’établit à 1.8 % contre 1.7 % et serait donc en phase avec les prévisions du gouvernement.

Même si en taux annuel, la croissance a légèrement reculé, elle est ressortie en hausse par rapport au trimestre précédent. Il s’agit des chiffres de croissance pour la Pologne qui affiche une croissance de 1.4 % au premier trimestre contre 0.5 % précédemment, soit un taux annuel de 4.6 % contre 4.9 %.

En République tchèque, la croissance a été de 0.5 % au premier trimestre, soit un taux annuel de 2.5 %, chiffre qui confirme le ralentissement attendu cette année. La banque centrale table en effet sur un taux de 2.5 % cette année, après une croissance de 2.9 % en 2018 et de 4.5 % en 2017.

En France, le taux de chômage est tombé à 8.7 % contre 8.8 %, soit son taux le plus bas en une décennie, ce qui confirme que le marché de l’emploi continue de très bien se comporter et que la croissance en Europe sera assurée par la consommation intérieure.

Malgré ces taux de croissance positifs, les taux en Europe ont suivi la tendance des taux aux États-Unis avec un rendement du bund à -0.11 %. Et avec aussi un élargissement des spreads en particulier avec l’Italie dans la perspective des élections européennes et alors que les dissensions au sein du gouvernement ne font que s’exacerber.

Preuve ou pas que Trump veut à tout prix un accord, mais il semblerait qu’il soit prêt à reporter de 6 mois l’imposition de tarifs douaniers sur les voitures et les pièces détachées (en provenance d’Europe et du Japon) pour laisser plus de temps pour négocier.

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