Le retour de Molière !

Posté le 15 mai 2019

trump

Trump manie la fermeté avec la dramatisation tout en jouant sur la complicité et le dialogue pour garder la porte ouverte à un compromis.

Toutes les positions restent ouvertes

Comme le disait Edgar Morin « les grands fourbes sont ceux qui savent admirablement jouer de leur sincérité », et Trump est un maître en la matière.

Malgré la dramatisation, avec la hausse des tarifs, la perspective d’une rencontre entre les deux dirigeants entretient l’espoir d’un accord. Trump doit arracher un accord pour des raisons électoralistes, surtout que tous les autres dossiers sont en train de virer à l’échec, et Xi doit montrer que sa fermeté paye et que la Chine s’affirme comme une grande puissance, mais doit aussi engranger un accord.

La Chine reste fragile

Et Xi a aussi besoin d’un accord, car la situation en Chine demeure encore très fragile comme le rappelle les différents indicateurs économiques. Hier, j’évoquais l’état du marché automobile en Chine, et ce matin, d’autres indices viennent confirmer que l’économie chinoise a besoin d’autres mesures de stimulation.

Après une hausse assez spectaculaire, il faut bien le reconnaitre, de la production industrielle de 8.5% en mars, cette dernière a connu une progression en net recul de 5.4% en avril (chiffres annuels).

Dans le même temps, les ventes de détail ont connu leur plus faible hausse depuis mai 2003, à savoir un taux de 7.2% contre 8.6% le mois précédent.

La Chine ne pourra donc pas faire l’économie de nouvelles mesures de soutien et la perspective d’une baisse des taux s’est renforcée après ces chiffres et en l’absence de tout accord. Il est quand même intéressant d’observer que le yuan qui avait fortement reculé ces derniers jours se stabilise et semble comme suspendu dans le vide dans l’attente d’une avancée, comme le montre le graphique.

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Détérioration au Brésil

Aussi bien la banque centrale que le gouvernement ont dû faire le constat que la situation économique se détériorait rapidement et que l’espoir d’une reprise solide s’éloignait à grands pas.

C’est en particulier le ralentissement dans le secteur des services qui inquiète fortement car ce dernier représente environ 70% de l’activité. Son recul en mars a obligé le gouvernement à revoir drastiquement à la baisse ses prévisions et il ne table plus que sur un taux de croissance de 1.5% contre 2.2% précédemment.

La banque centrale se montre plus pessimiste dans les minutes de sa dernière réunion et évoque une possible contraction du PIB au premier trimestre de cette année.

Chiffres du PIB en Allemagne

Malgré un contexte très défavorable, la croissance en Allemagne au premier trimestre ne devrait pas être aussi catastrophique qu’escompté. Compte tenu de l’estimation de la croissance en zone euro de 0.4% au premier trimestre, la croissance en Allemagne devrait être aussi de 0.4%.

Il s’agirait d’une très sensible progression par rapport au trimestre précédent qui avait connu une croissance atone. En revanche, en chiffre annuel, la croissance devrait être de 0.7% contre 0.9%, en ligne avec les prévisions du gouvernement allemand qui table sur un taux de 0.5% pour l’année 2019.

Ce n’est d’ailleurs pas le seul gouvernement à avoir revu ses prévisions de croissance à la baisse, aux Pays-Bas, le gouvernement table sur une croissance de 1.5% cette année et l’année prochaine, après une croissance de 2.7% en 2018.

Et le chiffre du PIB au premier trimestre a confirmé cette estimation en affichant une hausse de 0.5%, soit un taux annuel de 1.7%.

Le Brexit le retour

Enfin pas encore tout à fait, car cela serait pour le mois de juin selon les dernières informations, qui prêtent à Theresa May l’intention de représenter une nouvelle fois son accord la première semaine de juin. L’objectif serait d’avoir un vote favorable pour fin juin pour éviter de voir les députés britanniques élus le 23 mai siéger au parlement européen lors de la première session qui aura lieu le 2 juillet.

Car, il faut dire que les sondages donnent froid dans le dos, s’ils sont confirmés, car ils placent  le Brexit Party de l’europhobe Nigel Farage très en avance, avec 34 % des intentions de votes. Deuxième, le Labour ne récolterait que 16 % des suffrages tandis que les Conservateurs chuteraient à la cinquième place avec 10 % des voix, derrière les « Lib Dem » (15 %) et les écologistes (11 %).

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