Taux, la baisse inéluctable

Posté le 8 mai 2019
European flags in front of the Berlaymont building headquarters of the European commission in Brussels.

European flags in front of the Berlaymont building headquarters of the European commission in Brussels.

On pensait que le mouvement de baisse de taux serait initié par la banque centrale d’Australie, mais c’est la banque centrale de Nouvelle-Zélande qui, une nouvelle fois, donne la tendance.

Baisse de taux

Elle a, en effet, décidé de réduire son taux central de 0.25% pour le ramener à 1.50%, tout en laissant ouverte la porte à une nouvelle baisse estimée à 50-50 dans les prochains mois.

La conséquence a été évidemment un recul du dollar néozélandais par rapport au dollar comme le montre le graphique.

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Ce qui est éminemment important dans la décision de la banque centrale est la raison pour laquelle elle a décidé cette baisse de taux, qui est intervenue plus tôt que prévu. Aussi bien l’emploi que l’inflation restent en deçà de ses objectifs et surtout les perspectives d’inflation évoluent très lentement.

Perspectives de la Commission

La Commission européenne a révélé ses prévisions de printemps et a sans surprise revu à la baisse ces dernières mais surtout celles pour l’inflation.

2019 devrait être un creux, selon la Commission, avec une croissance de 1.2% pour ensuite rebondir à 1.5% en 2020 pour la zone euro. Pour autant, elle ne cache pas ses inquiétudes et termine en mettant en garde sur les risques qui pourraient inciter à devoir revoir ces prévisions.

« Les perspectives restent sujettes à d’importants aléas baissiers. Le risque d’une adoption de mesures protectionnistes à l’échelle mondiale et le ralentissement actuel de la croissance du PIB et des échanges mondiaux pourraient perdurer davantage que prévu, tout particulièrement si la croissance chinoise se révèle décevante. Pour l’Europe, les risques sont notamment celui d’un Brexit sans accord et la possibilité que les perturbations temporaires que connaît actuellement la production se pérennisent ».

Le tableau en annexe reprend en détail les prévisions par pays, et il faut pointer le fait que la Commission s’aligne sur les prévisions du gouvernement allemand avec une croissance de 0.5% pour 2019. Et que pour l’Italie, elle table sur une quasi-stagnation de l’économie.

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Par contre, alors que la BCE a toujours avancé le fait qu’elle tablait sur un rebond de l’inflation, la Commission table sur un taux d’inflation de 1.4% en 2019 et aussi en 2020. On est loin de l’objectif de la BCE, et cela signifie que les taux vont rester bas encore plus longtemps que prévu dans ce cas.

D’ailleurs, les taux longs ont reculé, en particulier le 10 ans allemand qui est repassé sous zéro.

Mais ce n’est pas la seule raison

La baisse des taux longs ne peut en effet pas s’expliquer uniquement par cette perspective d’inflation. Elle tient aussi à la décision de la banque centrale de Nouvelle-Zélande, et de la correction des bourses à cause du conflit commercial.

Même si la délégation chinoise est bien attendue ces deux prochains jours aux Etats-Unis, tout le monde est bien conscient que le délai est trop court pour arriver à un accord. Il ne fait dès lors aucun doute que la menace de Trump sera mise à exécution, raison pour laquelle les bourses ont terminé dans le rouge.

L’impact sera bien évidemment négatif et va empoisonner les relations entre les deux pays et aura des répercutions inévitablement sur le commerce international.

C’est d’ailleurs ce qui ressort des chiffres de la balance commerciale chinoise publiés ce matin. Les exportations ont reculé de -2.7%, après il est vrai un rebond exceptionnel de 14.2% en mars. Mais inévitablement, les tarifs douaniers pèsent sur les exportations chinoises et vont continuer de peser sur ces dernières.

Par contre, les importations ont connu une hausse de 4% après un recul de -7%, preuve que les mesures prises par les autorités pour soutenir la demande intérieur commencent vraiment à percoler. Car l’objectif de ces dernières est en effet de voir la croissance venir en priorité de la demande intérieure et de ne plus dépendre des exportations pour son expansion.

Et d’ailleurs, petite disgression, la Commission européenne table aussi sur la demande intérieure pour assurer la croissance comme elle le souligne ; « comme les échanges commerciaux internationaux et la croissance mondiale devraient demeurer plus faibles cette année et l’an prochain par rapport au rythme soutenu observé en 2017, la croissance économique en Europe reposera entièrement sur l’activité intérieure. Les Européens sont maintenant plus nombreux que jamais à avoir un travail et la croissance de l’emploi devrait se poursuivre, bien qu’à un rythme plus lent. Conjuguée à une hausse des salaires, à une inflation modérée, à des conditions de financement favorables et à des mesures budgétaires de relance dans certains États membres, cette tendance devrait soutenir la demande intérieure ».

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