Taux inexorablement bas

Posté le 11 avril 2019
financial graph on technology abstract background

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Il faut bien commencer ce matin en parlant du Brexit, car les 27 se sont mis d’accord sur une prolongation de la date de sortie de la Grande-Bretagne.

Report de la date

Alors que Theresa May avait demandé un report jusqu’au 30 juin, et que Donald Tusk avait suggéré un report d’un an, les 27 sont tombés d’accord sur un report au 31 octobre. C’est essentiellement la volonté farouche de Macron de ne pas accorder un délai trop long qui explique cette date du 31 octobre.

Mais si Theresa May n’obtient pas un accord ou si elle n’arrive pas à tenir les élections européennes, la Grande-Bretagne sortira de l’UE sans accord le 1 juin.

Et donc en attendant, Theresa May va continuer de discuter avec l’opposition pour arriver à un accord, va devoir tenir les élections européennes, et s’est engagée à ne pas interférer et bloquer les décisions des 27 durant cette période de prolongation où la Grande-Bretagne restera membre à part entière de l’UE.

Nous avons donc échappé pour la deuxième fois au trou noir, mais nous allons continuer de devoir attendre et évoluer au grès des rebondissements des votes en Grande-Bretagne. Ce qui n’aide évidemment pas dans le contexte économique qui demeure compliqué.

Message de la BCE

Ce qu’a d’ailleurs souligné Mario Draghi lors de sa conférence de presse en déclarant que « les dernières données économiques disponibles demeurent faibles, en particulier dans le secteur manufacturier. La dynamique de croissance plus faible devrait se poursuivre dans le courant de l’année ».

Pour le reste, Mario Draghi est resté assez flou et a annoncé que les décisions attendues sur le TLTRO et sur un assouplissement des conditions des taux aux banques ont été reportées dans l’attente de plus d’informations. Il faut dire que le contexte d’incertitude demeure et surtout que le brouillard ne se lève pas vraiment dans le dossier du Brexit et dans les relations commerciales surtout après la sortie de Trump sur les aides européennes à Airbus.

Les propos de Mario Draghi ont une nouvelle fois poussé les rendements obligataires à la baisse comme le montre le graphique de l’évolution des rendements du Bund 2 ans et 10 ans.

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Mais ce recul a aussi été soutenu par les minutes de la dernière réunion de la FED.

Minutes de la FED

Ces minutes ont confirmé que la FED allait garder une politique patiente tout au long de l’année et qu’elle laisserait dès lors ses taux inchangés en 2019. Cette attitude étant justifiée par le ralentissement global de l’économie et par l’absence de poussées inflationnistes.

Ce qui a d’ailleurs été confirmé par les chiffres publiés hier dans l’après-midi. Alors même si l’inflation générale a augmenté de 0.4%, soit un taux annuel à 1.9%, l’inflation de base a reculé. Comme le montre le graphique, elle est revenue à 2% contre 2.1% le mois précédent, ce qui rassure donc la FED sur la tendance globale de l’inflation.

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Et résultat, les rendements obligataires aux Etats-Unis ont aussi reculé et ont contribué au recul des rendements en Europe.

Rebond en Chine

Si la FED se réjouit de l’absence de poussées inflationnistes, en revanche, les autorités chinoises sont soulagées de voir une hausse, modeste certes, des prix à la production.

Comme le montre le graphique, ces derniers ont légèrement progressé à 0.4% en taux annuel contre 0.1% en février. Il s’agit peut-être du signal d’une inversion de la tendance et des effets des mesures de soutien des autorités.

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Par contre, le CPI a fortement augmenté d’un mois à l’autre de 1.2% suite à une flambée du prix du porc à cause de la peste porcine africaine qui a obligé les éleveurs à abattre leurs porcs.

En taux annuel, l’inflation est passée de 1.5% en février à 2.3% sous l’effet de ce facteur spécifique. Par contre si l’on prend le Core CPI, sans l’alimentaire, l’inflation est restée stable à 1.8%.

Elections en Inde

L’Inde, la plus grande démocratie du monde, lance en effet aujourd’hui sa première phase de vote. Elle compte environ 900 millions d’électeurs éligibles qui devraient voter dans 91 circonscriptions réparties dans 20 États.

Le vote en sept phases durera jusqu’au 19 mai et le résultat devrait être proclamé le 23 mai. Le parti BJP de l’actuel Premier ministre Narendra Modi est actuellement le favori des sondages d’opinion, mais rien n’est pour autant gagné.

Comme le montre le graphique, la roupie indienne tente de se stabiliser par rapport au dollar mais reste fragile.

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