Une année délicate

Posté le 10 avril 2019
Washington Dc: IMF entrance with sign of International Monetary Fund and logo

Washington Dc: IMF entrance with sign of International Monetary Fund and logo

C’est une année délicate pour l’économie mondiale, ce n’est pas moi qui le dis mais le FMI dans ses dernières prévisions… à la baisse évidemment.

Prévisions du FMI

C’est évidemment sans surprise que le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2019.

Après une croissance mondiale de 4 % en 2017, puis de 3.6 % en 2018, il table sur une croissance de 3.3 % cette année.

Mais pour autant, le FMI se montre un peu plus optimiste sur la deuxième partie de l’année et table sur un rebond en partie parce qu’il se montre rassurant sur les perspectives d’un accord entre les États-Unis et la Chine. Cependant, cette vision optimiste a été, le jour même, contredite par le risque de voir un nouveau front s’ouvrir avec le risque d’une guerre commerciale entre les États-Unis et l’UE.

Comme le montre le tableau récapitulatif, si le FMI a revu la croissance mondiale à la baisse, c’est essentiellement suite à une révision des chiffres pour les pays avancés, dont l’Allemagne et l’Italie.

graphe20190410

Le FMI préconise aux États de prendre une série de mesures qui semblent compliquer à mettre en œuvre dans le contexte actuel, mais qui sont pourtant indispensables. Et je cite le rapport du FMI ; « il est impératif de prendre des mesures qui stimulent la production potentielle, améliorent l’inclusion et renforcent la résilience. Un dialogue social qui rassemble toutes les parties prenantes pour s’attaquer aux inégalités et au mécontentement vis-à-vis du monde politique profitera à l’activité économique. Il est nécessaire de renforcer la coopération multilatérale afin de résoudre les différends commerciaux, de s’attaquer au changement climatique et aux risques liés à la cybersécurité, et d’améliorer l’efficacité de la fiscalité internationale ».

Prévisions pour l’Italie

Alors que le FMI a revu ses prévisions pour l’Italie et table sur une croissance de 0.1 %, le gouvernement a bien dû se résoudre à aussi revoir ses prévisions.

Il ne table plus que sur une croissance de 0.2 % cette année contre 1 % initialement prévu avec comme conséquence que le déficit devrait s’élever à 2.4 % du PIB contre une prévision à 2.04 %.

Mais surtout, la dette par rapport au PIB devrait s’élever à 132.6 % contre un taux de 132.2 % l’année passée et une prévision de 130.7 %.

Le graphique de l’évolution des taux de l’obligation italienne à 10 ans est dès lors forcément différent de celui de l’obligation grecque que je montrais hier.

graphe20190410a

Impact négatif

Dans son rapport, le FMI met en garde sur les risques que feraient peser une sortie de la Grande-Bretagne sans un accord. Selon ses prévisions, dans ce scénario, la croissance serait amputée de -3.5 % à la fin de 2021.

En attendant, l’incertitude a incité le FMI à revoir à la baisse la croissance de la Grande-Bretagne pour cette année à 1.2 %.

À propos du Brexit, car il faut bien en parler, le parlement britannique a voté, à une large majorité, une extension de la période au 30 juin. Alors que les Européens semblent d’accord pour une prolongation flexible sur une durée d’un an, mais avec des conditions. Ces dernières seraient la tenue des élections européennes, et surtout l’engagement de la part des Anglais de ne pas venir bloquer les grands dossiers qui seront abordés durant la période de prolongation.

Réunion de la BCE

Alors qu’évidemment tous les regards seront tournés vers le sommet européen extraordinaire, la BCE se réunit exceptionnellement ce mercredi.

Et c’est dans ce contexte très particulier avec un regain des tensions commerciales et des taux qui sont de nouveau retombés, qu’elle va devoir se prononcer sur la situation. Il s’agit en plus de la dernière réunion avec Peter Praet qui termine en mai et alors que le nom du successeur de Mario Draghi ne sera connu qu’après les élections européennes.

La BCE va évidemment confirmer le statu quo monétaire, mais rien ne dit qu’elle va apporter des précisions concernant le TLTRO de septembre, ni les mesures possibles pour un peu soulager les banques.

Marchés incertains

La conjonction des prévisions du FMI et des craintes d’une nouvelle guerre commerciale a pesé sur les bourses et provoqué une petite hausse de la volatilité.

Par contre, l’appétit pour les obligations ne se dément pas quand on voit l’engouement qu’a suscité la première émission obligataire de la Saudi Armaco. Cette dernière souhaite emprunter 12 milliards de dollars et a reçu pour plus de 100 milliards de dollars d’ordres.

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