Le commerce international reste sous tension

Posté le 9 avril 2019

cargo ship in container port in Hong Kong

Les indicateurs en Allemagne continuent de se dégrader, mais pour autant l’indice Sentix en zone euro remonte légèrement.

Contraste

En Allemagne, les exportations ont en effet reculé de -1.3 % en février, soit le plus fort recul depuis 12 mois, et les importations ont également reculé de -1.6 %. Ce recul des exportations est évidemment la suite logique de la baisse de la production industrielle et des commandes.

Et clairement, l’Allemagne se démarque quand on regarde l’évolution de l’indice Sentix, qui mesure le moral des investisseurs en zone euro. Comme le montre le graphique, cet indice a amorcé un petit fléchissement à la hausse rassuré par les avancées dans les discussions entre les États-Unis et la Chine.

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Mais si l’on extrait l’indice mesurant le moral des investisseurs allemands, il a pris une tout autre tendance et a atteint son niveau le plus bas depuis août 2012.

Une autre façon de mesurer le sentiment de confiance est de voir comment évoluent les taux dans les pays périphériques de la zone euro. A l’exception de l’Italie qui connait une tension sur ses taux, il faut souligner l’évolution extrêmement positive des taux en Grèce.

Comme le montre le graphique, le rendement de l’obligation grecque à 10 ans est tombé à son niveau le plus bas depuis 13 ans. Même si l’écart avec les taux allemands reste conséquent, avec 350 points de base, ce recul des taux est le reflet d’un intérêt marqué de la part des investisseurs pour la dette grecque.

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Il faut dire aussi que le fait que le rendement en Allemagne sur le 10 ans soit retombé en territoire négatif en a découragé plus d’un qui cherchent alors à se diversifier.

Impact sur les résultats

Même si l’économie américaine reste robuste, malgré tout, les indicateurs économiques montrent un ralentissement qui va inéluctablement se répercuter sur les résultats des sociétés.

C’est évidemment la grande interrogation sur l’ampleur de l’impact du ralentissement et sur les attentes que cela va provoquer pour le second trimestre.

Preuve de ce léger ralentissement, les commandes à l’industrie aux États-Unis ont reculé de -0.5 % en février après une hausse modeste de 0.1 % en janvier.

Les produits particulièrement affectés par ce recul sont les machines, les équipements de transport et les produits électroniques.

Ce n’est pas nouveau, mais c’est probablement lié en partie aux problèmes de Boeing, ce qui explique d’ailleurs le recul des commandes d’équipements de transport, mais les Américains menacent de nouveau les Européens de tarifs douaniers pour dénoncer leurs subsides à Airbus.

Il s’agit en effet d’un vieux contentieux, mais qui continue d’empoisonner les relations entre les deux parties, et le fait que les Américains remontent au front montre une certaine préoccupation par rapport au ralentissement de l’activité chez eux.

Alors que les négociations avec la Chine se poursuivent, les Américains ont également ouvert un autre front avec le Japon. Le ministre japonais de l’économie est attendu la semaine prochaine pour discuter des relations commerciales entre les deux pays.

L’apaisement est donc tout relatif sur le front du commerce international et demeure un facteur d’instabilité. Mais cela n’empêche pas le prix du baril de continuer de se renforcer, mais essentiellement sous l’effet d’une réduction de l’offre.

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