Pas moyen de se débarasser du sparadrap du Brexit

Posté le 29 mars 2019
Swansea, UK: December 09, 2016: Close up of the new 2016 polymer five pound note with enhanced counterfeit resilience, showing the head of Queen Elizabeth II.

Swansea, UK: December 09, 2016: Close up of the new 2016 polymer five pound note with enhanced counterfeit resilience, showing the head of Queen Elizabeth II.

Les avancées dans les discussions entre les Américains et les Chinois ont ravivé les espoirs d’un accord et soutenu les bourses asiatiques.

Et pourtant

Ces avancées ne peuvent cependant pas masquer le ralentissement de l’activité aux Etats-Unis, confirmée par la révision du chiffre du PIB au quatrième trimestre 2018.

Comme le montre le graphique, la croissance a été revue à 2.2% contre une première estimation à 2.6% et contre 3.4% au troisième trimestre. Ce chiffre est donc inférieur au 3% qu’avait annoncé Trump en vantant son bilan économique.

graphe20190329

Cette révision à la baisse est la conséquence d’une croissance plus faible que prévu de la consommation intérieure ainsi que de la faiblesse des investissements aussi bien de la part de l’Etat que des entreprises.

La consommation intérieure reste toujours le moteur de la croissance américaine, mais les autres facteurs qui composent la croissance montrent des signes de ralentissement qui risquent de s’accentuer. La conjonction de la hausse des coûts et des salaires commence à peser sur les marges des entreprises qui en plus ne bénéficieront plus de l’effet de la réforme fiscale.

Rebond insuffisant

Si les indicateurs économiques aux Etats-Unis excluent le risque de récession cette année, la situation est plus délicate au Japon.

Même si la production industrielle a augmenté de 1.4% en février, cette hausse n’est pas suffisante pour compenser le recul de -3.4% observé en janvier.

Tout comme la hausse de 0.4% des ventes de détail, toujours au mois de février, est largement en dessous des attentes.

La conjonction de ces éléments fait craindre une contraction du PIB au premier trimestre de cette année.

La zone euro aussi

Cette dernière ne peut pas se targuer de faire exception à la tendance globale avec toujours un recul des indices de confiance.

Cela a encore été le cas avec l’indice de confiance publié par la Commission européenne, voir graphique, qui a encore reculé. Et ce recul est observé aussi bien dans l’industrie que dans les services.

graphe20190329a

Le recul de l’inflation à 1.4% contre 1.7% le mois précédent en Allemagne est également un signe de ralentissement et ne facilite pas la tâche de la BCE.

Et la révision de la croissance par S&P pour la zone euro à 1.1% contre 1.6% précédemment n’étonne plus personne et certainement pas en regard de ces nouveaux indicateurs.

A propos de révision

La banque centrale du Brésil a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2019 et ne table plus que sur un taux de 2% contre un taux de 2.4% précédemment.

Elle justifie cette révision par une moindre consommation intérieure, alors que cette dernière contribue largement au chiffre du PIB. Et aussi par la détérioration du climat global qui devrait peser sur les exportations. Au lieu d’une hausse de 5.7% sur un an, la banque centrale estime que les exportations n’afficheront plus qu’une croissance de 3.9%.

La date de sortie de la Grande-Bretagne

Nous sommes bien le 29 mars, et pourtant nous ne savons toujours pas comment la Grande-Bretagne va sortir de l’UE.

Et Theresa May s’acharne, s’obstine pour obtenir enfin son vote favorable sur l’accord avec l’UE. Nouvelle tentative ce vendredi, et sans aucun doute avec une sacrée entourloupe pour essayer de faire passer ce texte comme différent des précédents.

Elle va en effet soumettre au parlement l’accord de retrait négocié avec l’UE, mais pas celui portant sur le cadre des futures relations avec l’UE qu’elle a négocié en même temps.

Si cet accord est accepté, la Grande-Bretagne aura alors la prolongation jusqu’au 22 mai. Mais par contre, la Grande-Bretagne sera dans le flou total concernant ses relations futures avec l’UE.

Imaginons un instant que l’accord soit accepté, cela signifie que Theresa May devrait alors démissionner puisqu’elle a lié cette dernière à l’acceptation de l’accord. Qui va alors assurer la période jusqu’au 22 mai ? Nouvelles élections ?

Pas étonnant que l’UE continue de se préparer à une sortie brutale et qu’un sommet spécial Brexit pourrait avoir lieu le 10 avril.

tableau20190329