La FED surprend et s’inquiète

Posté le 21 mars 2019

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La FED a frappé un grand coup et se montre beaucoup plus accommodante que prévu, ce qui n’est pas nécessairement un bon signe.

Patiente, mais …

Powell a réaffirmé que la FED allait rester encore patiente le temps qu’il faudra, mais il a néanmoins annoncé que la FED n’augmenterait pas ses taux cette année et qu’il n’aurait plus qu’une seule hausse de taux d’ici 2021.

Et il a même été plus loin en annonçant qu’elle allait ramener à 15 milliards de dollars contre 30 milliards actuellement le montant de la réduction de son bilan à partir du mois de mai. Et que cette réduction sera ensuite interrompue en septembre jusqu’à une date ultérieure qui dépendra des conditions économiques.

Ce message est donc plus accommodant que prévu et s’est accompagné d’une révision à la baisse des perspectives pour 2019. Pour la croissance, la FED prévoit un taux de 2.1 % contre 2.3 % précédemment, et pour l’inflation de 1.8 % contre 1.9 %.

Ce sont évidemment les taux qui ont plus réagi à ces annonces avec un recul très sensible des rendements comme l’illustre le graphique du rendement du treasury 2 ans.

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Le dollar de son côté a reculé après cette annonce sous le double effet de la révision des prévisions de croissance et de l’abandon d’une hausse de taux en 2019.

Où il n’est plus question de patience

Theresa May a donc demandé officiellement aux 27 de reporter la sortie de l’UE au 30 juin prochain. Acte 1.

Donald Tusk a clairement laissé entendre que les 27 pourraient accepter de reporter la date au 30 juin pour autant que le parlement britannique ratifie l’accord négocié avec l’UE. Acte 2.

Cette position renvoie évidemment la balle dans le camp de Theresa May, si elle est validée lors du sommet européen qui se tient ces deux prochains jours.

Le fait que le report n’est que jusqu’au 30 juin a entrainé un recul du sterling qui est passé de 0.8550 à 0.8640 par rapport à l’euro.

Je pourrais aussi évoquer l’évolution de l’inflation en Grande-Bretagne, mais cela n’a strictement plus aucune importance pour le moment, l’essentiel étant ailleurs.

Guerre commerciale toujours

Dans les éléments mis en avant par Powell pour adopter une politique plus accommodante, il a évoqué les discussions commerciales entre les États-Unis et la Chine.

Et manifestement, la situation ne va pas se débloquer de sitôt malgré l’annonce d’une reprise des pourparlers la semaine prochaine.

En effet, Trump a laissé entendre que même en cas d’accord, les Américains pourraient maintenir les droits de douane sur les produits chinois pour une « période substantielle » comme arme de pression.

Ces propos risquent fort de ne pas plaire aux Chinois et donc d’encore retarder la perspective d’un accord, alors que les effets de cette guerre commerciale pèsent sur l’économie.

Pour preuve, les ordres à l’exportation à Taiwan ont chuté de -10.9 % en février en chiffre annuel contre un taux de -6 % en janvier. Ceux émanant de Chine ont reculé de -14.3 %, et des États-Unis de -5.5 %.

Et la tendance ne devrait pas s’inverser, le gouvernement craignant un recul entre 6.8 % et 9.2 % en mars par rapport à il y a un an.

L’économie taïwanaise, acteur majeur sur le marché des GSM et des microprocesseurs, est l’exemple type d’un acteur directement impacté par le ralentissement du commerce mondial.

Autres réunions de banques centrales

La banque centrale du Brésil a laissé son taux directeur inchangé à 6.5 %, et le prochain mouvement pourrait être à la baisse, mais pas dans un proche horizon.

La BOE et la Banque Nationale Suisse vont garder leurs taux inchangés, surtout la BNS compte tenu des changements opérés par la BCE et la FED.

La banque centrale de Norvège devrait aussi laisser son taux inchangé, mais elle est une des seule banque centrale qui pourrait procéder à une hausse de taux cette année, probablement dans la seconde partie de l’année.

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