Les doutes aussi au Japon

Posté le 20 mars 2019
TOKYO, JAPAN - AUGUST 1, 2015: Crowds pass below colorful signs in Akihabara. The historic electronics district has evolved into a shopping district for video games, anime, manga, and computer goods.

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Les minutes de la dernière réunion de la BOJ montrent une certaine dissonance au sein du Conseil et l’émergence de doutes sur l’effet de la politique monétaire.

Bien démunis ?

Ces derniers se sentiraient-ils démuni par rapport à une économie qui a ralenti sérieusement en dépit des mesures inédites ? Il ressort en tout cas très clairement de ces minutes, qu’un membre a émis de sérieux doutes sur l’impact de ces mesures sur l’inflation. Un autre a déclaré que la banque centrale doit souligner sa volonté de prendre des mesures « rapides, flexibles et audacieuses », y compris un assouplissement supplémentaire.

D’autres s’inquiètent des risques que font courir une aussi longue période de taux bas. Alors qu’un autre a estimé qu’il fallait encore attendre avant de mettre en place de nouvelle mesures monétaires.

Mais il a eu au moins unanimité pour reconnaitre que le contexte économique continuait à se dégrader, ce qui ressort aussi du dernier indice de confiance Tankan.

Comme le montre le graphique, la confiance continue de reculer et est tombée à son niveau le plus bas depuis deux ans et demi.

graphe20190320

Réunion de la FED

Ces doutes des membres de la BOJ prennent une connotation particulière avec la tenue de la réunion de la FED. Si aucun changement de taux n’est attendu, par contre Powell sera attendu sur ce qui va émerger après la période de patience.

Non seulement sur la poursuite de la réduction de la taille du bilan de la banque centrale, mais également sur les décisions futures sur les taux, certains tablant déjà dans le marché sur une baisse des taux.

Il faut dire que les indicateurs économiques montrent un ralentissement de l’économie en ce début d’année.

Ainsi, les commandes à l’industrie n’ont augmenté que de 0.1% en janvier avec un recul des commandes de produits électroniques et d’ordinateurs ainsi que pour les productions métalliques.

Dans le même temps, il faut pointer une hausse des stocks ce qui reflète aussi une diminution de la demande.

Révision de la croissance

Cela n’étonnera plus personne, mais les conseillers du gouvernement allemand, qui avaient tablé sur une croissance de 1.5% cette année en novembre, ont incité le gouvernement à revoir ses prévisions à la baisse.

Ils ne tablent plus que sur un taux de 0.8% cette année, s’alignant ainsi avec la majorité des prévisions, en pointant trois facteurs bien connus ; le Brexit, la guerre commerciale et le ralentissement en Chine.

Le constat est sans appel, le boom économique allemand est terminé, mais on ne s’attend pas à une récession en raison de la robustesse de l’économie intérieure. Ce qui fait que pour 2020, ces conseillers tablent sur une croissance de 1.70%.

En Norvège, le gouvernement s’est montré confiant pour 2019 en maintenant inchangé sa prévision pour 2019 à 2.7%, en revanche pour 2020, il a revu cette dernière à 2.5% contre 2.8%.

De son côté, le gouvernement français devrait aussi revoir ses prévisions à la baisse pour 2019 et devrait tabler sur un taux de 1.4% contre 1.7% précédemment. Cette révision est aussi la conséquence des « gilets jaunes » dont les dégâts assurés s’élèveraient à 200 millions d’euros, sans tenir compte évidemment des dégâts collatéraux.

Portugal

L’avis est un peu passé inaperçu mais il est quand même important car il confirme l’amélioration de la situation, S&P a augmenté le rating du Portugal à BBB avec des perspectives stables.

Comme le montre le graphique, les taux au Portugal ont fondu comme neige au soleil suite à l’amélioration très nette de la situation économique. Le graphique du dessus reprend l’évolution du rendement de l’obligation à 10 ans, et celui du dessous l’évolution du différentiel avec le bund 10 ans.

graphe20190320a

Brexit

Il n’y aura donc pas de troisième vote car il a été refusé par le speaker du parlement. Theresa May devrait donc demander une extension de l’article 50 mais devra justifier auprès des 27 en quoi cette nouvelle période pourrait permettre d’avancer.

Car imagions qu’elle obtienne un délai de 2 ou 3 mois, elle devra représenter une troisième fois l’accord qui a peu de chance d’avoir été modifié par les 27. S’il est accepté de guerre lasse, on peut passer à l’étape suivante en toute sérénité et profiter de la période de prolongation pour mettre en place la phase de transition. Mais s’il est rejeté, on fait quoi ?

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