Dis-moi oui .. oh oui …

Posté le 15 mars 2019
European flags in front of the Berlaymont building headquarters of the European commission in Brussels.

European flags in front of the Berlaymont building headquarters of the European commission in Brussels.

Pour une fois, le parlement a dit « oui », mais pour autant la saga va continuer la semaine prochaine.

La suite du feuilleton

Le parlement britannique a donc voté à 412 voix contre 202 le report de la date du Brexit au 30 juin, si l’accord est approuvé d’ici mercredi, ou un report d’une plus longue durée s’il est rejeté.

Theresa May va donc encore une fois soumettre l’accord au parlement en espérant qu’un report d’une longue durée décourage les récalcitrants à l’accord. Mais dans les deux cas, report court ou long, les 27 doivent donner leur accord à l’unanimité.

Dans la foulée, le parlement a aussi rejeté la possibilité d’un second referendum, confirmant donc que le choix se réduit de plus en plus après le rejet d’une sortie sans accord.

Tout cela ne peut que nous rendre perplexe et me fait penser à un petit texte de Cioran dans son précis de décomposition intitulé « la dérision d’une « vie nouvelle » » dont voici un extrait ; « tous les hommes qui jettent un regard sur leurs ruines passées s’imaginent – pour éviter les ruines à venir – qu’il est en leur pouvoir de recommencer quelque chose de radicalement nouveau. Ils se font une promesse solennelle, et attendent un miracle qui les sortirait de ce gouffre médiocre où le destin les a plongés. Mais rien n’advient ».

Révisions sévères

Les révisions des chiffres de croissance se suivent et se ressemblent, et elles enfoncent le clou de l’ampleur de la déception.

C’est le cas du gouvernement suisse qui a revu la croissance à 1.1% contre 1.5% précédemment pour 2019. Cette révision est dictée en premier lieu par la nette dégradation des prévisions pour l’Allemagne, mais aussi à l’incertitude qui entoure les relations futures entre l’UE et la Grande-Bretagne. Il s’inquiète aussi de la dégradation de la situation économique et financière de son voisin italien et du risque que ferait peser une récession dans ce pays.

A côté de ces facteurs exogènes, il reste préoccupé par le risque d’une correction majeure de l’immobilier en Suisse.

Cette révision a été confortée par la lourde révision de la croissance en Allemagne par l’institut IFO. Au lieu d’une croissance de 1.1%, il estime que l’Allemagne ne connaitra qu’une croissance que de 0.6% en 2019. Compte tenu du ralentissement mondial, de la guerre commerciale et du Brexit, il estime que l’industrie allemande ne contribuera probablement pas à la croissance cette année.

L’économiste de l’institut a ainsi déclaré ; « la demande mondiale de produits allemands est faible parce que l’économie mondiale est en perte de vitesse « .

Mais par contre, il table sur un rebond en 2020 avec un taux de 1.8%.

Ralentissement aux Etats-Unis

Et les inquiétudes de l’IFO sont bien évidemment confortées par l’absence d’avancées dans les discussions entre les Américains et les Chinois et une rencontre entre Trump et Xi n’aura pas lieu en mars a bien dû admettre le secrétaire au Trésor. Cependant le dialogue n’est pas rompu et l’espoir d’un accord continue de soutenir les bourses.

Et les propos de l’économiste de l’IFO résonnent encore plus fortement en regard des indicateurs aux Etats-Unis.

Deux indicateurs ont donné des signaux de ralentissement de l’économie américaine. D’une part, les inscriptions hebdomadaires au chômage, dont on se désintéressait complètement ces dernières années, reviennent au-devant de la scène. Comme le montre le graphique, elles ont tendance à repartir à la hausse ce qui révèle un affaiblissement du marché de l’emploi. Ici en l’occurrence, on est passé de 225.000 à 229.000 en une semaine et je subodore que l’on va reparler de ce chiffre dans les prochains mois.

graphe20190315

D’autre part, et malgré la décrue des taux d’emprunt, les ventes de maisons neuves ont reculé de -6.9% en taux annuel en janvier confirmant le ralentissement du marché immobilier aux Etats-Unis.

Ce ralentissement donne à penser que la FED pourrait envisager de ralentir la réduction de la taille de son bilan lors de sa réunion de la semaine prochaine. Elle devrait confirmer sa position de « patiente » et peut-être donc ralentir cette réduction qui a déjà vu le bilan passer de 4.5 billions de dollars à 4 billions depuis la mise en place de cette politique.

Cette attitude devrait plutôt rassurer les marchés, tout comme la volonté clairement affichée par le premier ministre chinois LI de son intention de tout faire pour soutenir l’économie. Il a confirmé les baisses de TVA qui seront effectives au 1er avril et il a confirmé aussi que les autorités monétaires useraient de la possibilité de réduire les taux des réserves des banques et de réduire le taux directeur si nécessaire.

tableaux20190315


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