Non, c’est non .. oui mais après ?

Posté le 13 mars 2019
Brexit or british exit on airport sign board with blurred background. Brexit concept.

Brexit or british exit on airport sign board with blurred background. Brexit concept.

Theresa May a reçu une deuxième gifle et en a perdu la voix après un nouveau rejet par le parlement britannique de l’accord négocié avec l’UE.

Second vote

C’est avec une large majorité de 391 contre 242, que l’accord a été rejeté par le parlement et que s’ouvre donc maintenant une deuxième étape. A savoir, aujourd’hui un vote sur aller ou pas vers un hard Brexit.

Même si les 27 sont ouverts à une prolongation, on peut sincèrement s’interroger sur l’utilité de cette dernière, car comme le rappelait Juncker « il n’y aura pas de troisième chance. Il n’y aura pas de futures interprétations des interprétations, pas de futures assurances des réassurances si le « vote significatif » est rejeté aujourd’hui ».

Le sterling est passé de l’euphorie à la déception comme le montre le graphique avec des mouvements d’une grande ampleur sur la même séance, un peu comme un électrocardiogramme.

graphe20190313

Dans l’attente aussi

Nous sommes toujours dans l’attente d’une issue positive des discussions entre les États-Unis et la Chine, mais pour le moment tout semble figé.

Mais en attendant, comme l’incertitude liée au Brexit, cet état de fait pèse sur l’activité économique. Cela se révèle être encore le cas au Japon, où les commandes de machine ont chuté de -5.3 % d’un mois à l’autre en janvier.

Ce chiffre est évidemment une mauvaise nouvelle, car cela risque de peser sur les investissements des entreprises et affecter durablement la croissance en 2019.

Une longue pause

C’est ce que devrait permettre l’absence d’inflation aux États-Unis pour la FED. L’inflation a en effet progressé de 0.2 % en février d’un mois à l’autre, mais le taux annuel a reculé à 1.5 % contre 1.6 % précédemment. Il s’agit du taux le plus bas depuis septembre 2016.

Et preuve que l’inflation demeure totalement sous contrôle, le Core CPI a également reculé à 2.1 % contre 2.2 %.

Et comme le montre le graphique, le PCE, regardé plus spécifiquement par la FED, se situe en dessous des 2 % qui est l’objectif de cette dernière.

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Et si je reprends l’évolution du différentiel de taux entre le rendement du treasury 5 ans et celui à 2 ans, ce dernier s’est encore légèrement accentué après ces chiffres.

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Malgré donc un marché de plein emploi et la hausse du salaire horaire moyen, il n’y a pas d’effet d’entrainement de l’inflation par les salaires. Mais cela peut aussi être interprété comme le signal d’un ralentissement de la consommation, ce qui conforte évidemment aussi la FED dans sa politique de patience.

Pour la Riskbank aussi ?

La question se pose aussi pour la banque centrale de Suède alors qu’elle avait ouvert la voie à de nouvelles hausses de taux dans le courant de l’année.

Mais comme le montre le graphique, l’inflation a certes augmenté de 0.7 % en janvier mais en taux annuel elle est restée stable à 1.9 %, soit en dessous de l’objectif de la banque centrale.

graphe20190313c

En dépit de la faiblesse de la devise (voir graphique par rapport à l’euro), et de la hausse du prix du baril, l’inflation reste modeste et cette absence de pression inflationniste contrecarre les plans de la banque centrale.

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Une hausse des taux dans le courant de l’année s’éloigne donc après ces chiffres, ce qui pèse évidemment un peu sur la devise.

La première banque centrale à avoir donné le signal d’un changement de ton a été la banque centrale d’Australie assez vite suivie par la FED. Il faut donc rester très attentif à ce que la RBA pourrait faire dans les prochains mois et donc attentif aux indicateurs économiques et de confiance.

Or, comme le montre le graphique, les indices de confiance continuent de se tasser ce qui relance les projections d’une baisse des taux à l’été.

graphe20190313e

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