Brexit, stop ou encore ?

Posté le 12 mars 2019

europe

C’est à un véritable rallye auquel on a assisté sur le sterling cette nuit après que Theresa May ait obtenu des assurances sur le fameux filet de sécurité.

Rallye sur le sterling

Comme le montre le graphique, alors que le sterling était repassé au-dessus des 0.86 par rapport à l’euro, il a complètement inversé sa tendance après l’annonce d’une ultime rencontre et négociation.

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Theresa May a rencontré Juncker et ils ont convenu d’apporter des assurances complémentaires. Selon cette assurance, si le filet de sécurité entre en vigueur et que les pourparlers sur la rupture des relations futures échouent sans perspective d’accord, cet accord indiquerait alors clairement que rien n’empêcherait Londres de se retirer du filet de sécurité.

Il faut évidemment que cette assurance soit maintenant étudiée par toutes les parties et le parlement va donc se prononcer aujourd’hui sur cet accord. Si le parlement accepte cet accord, le Brexit aura alors bien lieu le 29 mars suivi d’une période de négociation sur les futures relations entre les deux parties.

Si le vote est négatif, un deuxième vote interviendra demain sur une sortie ou pas sans accord de la Grande-Bretagne.

L’Allemagne toujours à la peine

La production industrielle (voir graphique) a reculé de -0.8% en janvier alors que les prévisions tablaient sur une hausse de 0.5%. Cette dernière a été tirée vers le bas suite à une chute de -9.2% de la production automobile.

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C’est une sévère déception et qui éloigne la perspective d’une reprise rapide l’économie. Cela a d’ailleurs incité la BDI industry association à revoir à la baisse ses prévisions de croissance ne tablant plus que sur un taux de 1.2% contre 1.5% précédemment en 2019. La raison principale évoquée étant le ralentissement du commerce mondial qui provoque de sérieux dommages à l’économie allemande.

Selon le Handelsblatt, le gouvernement allemand pourrait aussi revoir ses prévisions deux mois après une sérieuse révision. En janvier, il avait revu sa prévision à 1% contre 1.8% pour 2019. Selon le journal, il pourrait encore la ramener à 0.8%, se situant dès lors en phase avec les prévisions de l’OCDE (qui table sur un taux de 0.7%).

Chute en Turquie

La situation en Turquie n’a rien avoir avec celle de l’Allemagne, et l’année 2018 s’est terminée sur une chute du PIB au quatrième trimestre. Comme le montre le graphique, ce dernier a reculé de -2.45%, soit un taux annuel de -3%. Sur l’ensemble de l’année 2018, l’économie s’est contractée de -2.6%, soit la pire performance depuis 2009.

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La crise est profonde et brutale, car en 2017, l’économie turque affichait une croissance de 7% et la descente en enfer n’a épargné personne. Que cela soit le secteur de la construction en recul de -8.7% sur un an, de l’industrie en recul de -6.4% ou de la consommation en baisse de -9%.

Même si, comme le montre le graphique, la devise s’est un peu reprise, elle n’en demeure pas moins toujours fragile, et c’est en partie sa forte dévaluation qui a entrainé l’économie dans la récession.

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Inquiétudes en Algérie

Si la livre turque est un peu moins sous pression, il n’en est pas de même pour le dinar algérien comme le montre le graphique et son évolution par rapport au dollar.

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Et le retrait annoncé par Bouteflika de sa candidature à un cinquième mandat n’est pas encore la promesse d’une réelle ouverture, car les élections présidentielles sont annulées mais aucune nouvelle date n’a été fixée encore pour le moment.

Cela signifie que Bouteflika reste au pouvoir au-delà de la durée de son mandat, sans réelles garanties de changement.

Légère amélioration aux Etats-Unis

Après un mois de décembre calamiteux, les ventes de détail en janvier se sont sensiblement reprises avec une hausse de 0.2%. Mais comme dans le même temps, le chiffre du mois de décembre a été revu à la baisse, l’effet positif a été estompé.

En effet, au lieu d’une contraction de -1.2%, ces dernières ont chuté de -1.6%, mais c’est encore pire si l’on prend le chiffre sans les ventes d’automobiles, d’essence, des matériaux de construction et de la nourriture, le recul n’a pas été de -1.7%, mais de -2.3% soit la plus forte chute depuis 2000.

Cela fait dire selon le modèle de prévision de la FED d’Atlanta que la croissance au dernier trimestre de 2018 aurait été de 0.2% alors que le gouvernement a annoncé une croissance de 2.6%.

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