En mode « pause »

Posté le 21 février 2019

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C’est clairement les bonnes nouvelles concernant les discussions commerciales qui portent les bourses pour le moment, mais pour le reste, les signes de ralentissement se multiplient. Ainsi d’ailleurs que les mises en garde.

Mise en garde par Fitch

L’agence de rating Fitch a, en effet, annoncé qu’elle pourrait abaisser le rating AA de la Grande-Bretagne en cas de non accord, car cela serait très disruptif pour l’économie anglaise.

Et cette baisse de rating s’étendrait aussi au rating AA de la Banque d’Angleterre vu l’impact désastreux en cas de hard Brexit.

Enième mis en garde alors que Theresa May est retournée à Bruxelles pour négocier et que les deux grands partis subissent des défections en cascade et que l’on assiste à un éclatement de la classe politique.

Signes de ralentissement

Au Japon, les signes se multiplient et inquiètent car il est en première ligne avec le ralentissement de l’activité en Chine comme l’a montré hier le recul des exportations.

Autre signe de ralentissement, l’indice PMI manufacturier est tombé à son niveau le plus bas depuis 6 ans. Il est passé de 50.3 à 48.5 en février, franchissant le fameux seuil des 50 qui sépare la contraction de l’expansion, pour la première fois depuis août 2016.

Un recul de l’indice PMI des services pourrait alors faire craindre que le Japon ne rentre en récession en début d’année 2019.

Bouton « pause »

Dans ce contexte, marqué par un ralentissement généralisé de la croissance et marqué aussi par les incertitudes sur les discussions commerciales, il n’est pas étonnant que la FED se montre prudente et patiente.

Les minutes de la dernière réunion ont confirmé que ses membres se sont montrés prudents et surtout que la poursuite de la réduction mécanique de la taille de son bilan ne pouvait plus perdurer. En effet « presque tous les participants ont pensé qu’il serait souhaitable d’annoncer sans trop attendre un plan d’arrêt de la réduction des actifs de la Réserve fédérale dans le courant de l’année », peut-on lire dans ces minutes.

Ce changement de position, pour ne pas dire cette volte-face de la FED, est aussi un facteur de soutien aux bourses depuis le début de l’année.

Et elle n’est pas la seule à se poser des questions, comme l’a confirmé Peter Praet en reconnaissant que la BCE avait discuté et continuerait de discuter sur la mise en place d’un nouveau round de prêts aux banques sous forme de TLTRO. Les discussions devraient se poursuivre lors de la prochaine réunion du 7 mars, mais il faudra sans doute attendre juin pour connaitre les modalités pratiques de ce nouveau programme de prêts.

Lors de cette réunion, la BCE va également revoir ses prévisions et elle sera particulièrement attentive aux indices PMI qui vont être publiés en zone euro ce matin.

Pour la France, on attend un redressement de l’indice des services et donc un indice composite qui passerait de 47.9 à 49. Pour l’Allemagne, et ce n’est vraiment pas une bonne nouvelle si c’est confirmé, les deux indices devraient encore reculer et donc l’indice composite passerait de 52.1 à 52. Pour la zone euro, une amélioration du secteur des services devrait permettre à l’indice composite de progresser de 50.7 à 51.1.

Le doigt sur le bouton

La banque centrale de Chine devrait encore se donner du temps avant de réduire son taux directeur, mais elle est prête à agir si le ralentissement de l’économie se confirme.

Avec les avancées dans les discussions, elle a perdu un moyen d’action à savoir d’utiliser la dévaluation de sa devise pour soutenir ses exportations, et le renforcement du yuan (voir graphique) va évidemment à l’encontre de ses intérêts. Mais l’abandon de la « manipulation » du change comme arme commerciale semblerait être repris dans le projet d’accord entre la Chine et les Etats-Unis.

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Mais la banque centrale devrait continuer de réduire les taux des réserves obligatoires des banques pour soutenir le crédit et n’abaisser son taux directeur qu’en dernier recours.

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