La production industrielle, un indicateur phare

Posté le 18 février 2019
yellow robots welding cars in a production line

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Deuxième preuve que le shutdown a laissé des traces, le recul de la production industrielle aux Etats-Unis.

Recul de la production

Comme le montre le graphique, cette dernière a reculé de -0.6% d’un mois à l’autre en janvier et les utilisations des capacités industrielles ont également sensiblement reculé.

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C’est en particulier le secteur automobile et des équipementiers qui ont tiré cette production vers le bas avec une chute de -8.8%, soit le plus mauvais chiffre depuis mai 2009.

Heureusement que les pourparlers entre Américains et Chinois, non seulement se poursuivent, mais aussi qu’ils sont positifs, sinon les marchés boursiers auraient réagi totalement différemment après ces chiffres.

Même constat

Mais il est évident que le shutdown n’est pas la seule raison de ce recul de la production industrielle, et que la guerre commerciale est le facteur principal du ralentissement de l’activité.

Il suffit d’observer les chiffres à travers le monde pour s’en rendre compte, comme par exemple les commandes de machines au Japon. Ces dernières ont reculé de -0.1%, ce qui en soit n’a rien de bien catastrophique. Mais les commandes provenant de l’étranger, elles ont chuté de -21.9%, soit la plus forte baisse depuis novembre 2007.

Autre signal, qui reflète aussi un ralentissement global de l’activité, les ventes de voitures en Chine ont reculé de -15.8% en chiffre annuel en janvier.

Et pour finir ce mini tour des chiffres de production, en Turquie, la production industrielle a reculé de -1.4% en décembre, soit une chute de -9.8% sur un an.

L’exception tchèque

La banque centrale tchèque pourrait continuer de se démarquer des autres banques centrales en poursuivant dans les prochains mois ses hausses de taux.

La faiblesse de la devise (voir graphique), la hausse de l’inflation et la forte croissance devrait l’inciter à encore augmenter ses taux. La croissance au quatrième trimestre a été de 1%, soit un taux annuel de 2.9%, malgré le ralentissement en Allemagne et le Brexit.

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A propos de ralentissement

Le nombre de membres de la BCE qui se sont exprimés ces derniers temps sur l’ampleur du ralentissement de l’activité économique en Europe démontre à suffisance l’inquiétude qu’ils ont.

En laissant entendre que la BCE pourrait apporter du soutien aux banques (via le programme de TLTRO), Benoit Coeure a emboité le pas d’autres membres de la BCE. Ces propos ont directement pesé sur l’euro (qui s’est un peu repris depuis), et surtout a réduit la tension sur les taux italiens et fait revenir un peu le spread par rapport aux taux allemands.

Si le contexte économique en Europe demeure un sujet de préoccupation, il faut dire qu’il est en plus obscurci par le contexte politique. En Italie, c’est le ralentissement économique qui inquiète dans un contexte politique extrêmement incertain. En Espagne, la tenue d’élections anticipées n’est évidemment pas pour rassurer. Et en France, les week-end se suivent et se ressemblent sauf qu’ils deviennent de plus en plus clivants et que l’impact négatif sur l’économie se marque de plus en plus.

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