Premiers effets du shutdown

Posté le 15 février 2019
National monuments and museums in Washington DC were closed during the U.S. governemnt shutdown in 2013.

National monuments and museums in Washington DC were closed during the U.S. governemnt shutdown in 2013.

Même si le shutdown est évité, la déclaration de l’état de l’urgence par Trump pour construire son mur va cependant encore exacerber les tensions, et l’on mesure seulement maintenant les impacts du shutdown.

Impacts du shutdown

J’avais écrit le 11 janvier que le premier trimestre aux Etats-Unis pourrait être décevant à cause de l’impact du shutdown. https://blogs.cbc.be/bernardkeppenne/2019/01/11/le-premier-trimestre-risque-detre-decevant/

Une statistique nous est revenue comme un boomerang, à savoir le chiffre des ventes de détail. Ces dernières ont chuté de -1.2% au mois de décembre, comme le montre le graphique. Il s’agit de la plus forte chute depuis septembre 2009.

graphe20190215

Ce chiffre a surpris et en même temps peut expliquer dès lors l’attitude de la FED, si elle avait déjà des signaux de ce ralentissement de l’économie. Et il a incité JPMorgan et Barclays à revoir à la baisse le chiffre de croissance pour le dernier trimestre de 2018. Selon JPMorgan au lieu d’une croissance annuelle de 2.6%, il faut plutôt tabler sur un taux de 2%, et pour Barclays sur un taux de 2.1% au lieu de 2.8%.

Heureusement que les perspectives d’un accord commercial demeurent positives, car sinon l’impact de ce chiffre aurait été plus significatif. Mais il a néanmoins pesé sur les bourses, mais surtout sur les taux avec un rendement du treasury 10 ans à 2.65%.

Pas de surprise

Pas de surprise, hélas, sur les chiffres de croissance au dernier trimestre dans la zone euro, qui ont confirmé que la fin de l’année a été très décevante. L’Allemagne échappe de peu à la récession avec une croissance flat, ce qui conforte le scénario d’une croissance de 1% en 2019 (voir le graphique du détail du chiffre de croissance).

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Aux Pays-Bas, la croissance qui n’avait été de 0.1% au troisième trimestre s’est un peu reprise avec un taux de 0.5%, soit un taux annuel à 2%. Mais la croissance qui devrait être de 2.6% en 2018 devrait ralentir à 2.2%, sauf en cas de hard Brexit qui pourrait amputer cette croissance de 1%.

Malgré une excellente tenue de son économie, le Portugal a aussi connu un ralentissement avec une croissance de 0.4% au dernier trimestre, soit un taux annuel à 1.7%. Pour l’ensemble de l’année, la croissance a été de 2.1% contre une estimation de 2.3% du gouvernement et contre les 2.7% de 2018.

Pour la zone euro, au quatrième trimestre, la croissance a été de 0.2%, soit un taux annuel de 1.2%. Pour l’ensemble de l’année, la zone euro a connu une croissance de 1.8% contre un taux de 2.4% en 2017.

Ces chiffres reflètent le ralentissement observé à cause de la guerre commerciale et du Brexit. Si sur le front de la guerre commerciale l’espoir est permis, sur le Brexit par contre Theresa May a subi un nouvel affront et la date du 29 mars se rapproche à toute vitesse et se présente, pour le moment, comme un mur.

Preuve du ralentissement

Comme le montre le graphique, les prix à la production en Chine n’ont pas arrêté de reculer sur l’année 2018 et se situent à 0.1%, soit le taux le plus bas depuis septembre 2016. Il est encore trop tôt pour parler de déflation, car l’inflation est à 1.7% contre 1.9%, mais ce recul du PPI est évidemment le reflet d’un ralentissement de l’activité et des exportations chinoises.

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