Mise en garde du FMI

Posté le 22 janvier 2019
Washington Dc: IMF entrance with sign of International Monetary Fund and logo

Washington Dc: IMF entrance with sign of International Monetary Fund and logo

Même si dans certains pays ce sont des facteurs idiosyncrasiques qui ont pesé sur la croissance, c’est quand même à un essoufflement de la croissance mondiale auquel nous assistons.

Révisions du FMI

C’est ce qui ressort très clairement des révisions de croissance, les deuxièmes à la baisse en peu de temps d’ailleurs, du FMI à l’ouverture de Davos.

La croissance mondiale devrait être de 3.5% en 2019 (-0.2%) et celle de 2020 à 3.6% (-0.1%), après une croissance estimée à 3.7% en 2018. Ces révisions à la baisse sont encore et toujours justifiée par la guerre commerciale qui a eu des effets négatifs. Mais à côté de cela, le FMI pointe, sans surprise le ralentissement en Allemagne, la crise en Italie, les marchés financiers moins optimistes, la contraction en Turquie et évidemment le Brexit.

Cette révision de la croissance mondiale fait dire au FMI que nous avons une expansion mondiale en perte de vitesse mais qu’elle n’est pas vécue de la même façon d’un pays à l’autre.

Si la croissance aux Etats-Unis est restée inchangée, en revanche, celle de la zone euro a été ramenée à 1.6% pour 2019, soit -0.3% par rapport aux prévisions du mois d’octobre. Cette révision est la conséquence d’une estimation d’une croissance moindre en Allemagne ramenée à 1.3% (-0.6%), en France à 1.5% (-0.1%) et en Italie à 0.6% (-0.4%).

Si le FMI n’a pas révisé le taux de croissance de la Chine qui demeure à 6.2%, il n’en exprime pas moins ses craintes sur le ralentissement de son économie, un peu en écho au chiffre publié hier sur le ralentissement de la croissance en 2018.

Et ce ralentissement en Chine n’est pas sans conséquence pour l’économie mondiale et surtout pour les économies de la région. La Corée du Sud a beau avoir connu une croissance de 1% au dernier trimestre 2018, elle n’en a pas moins connu une croissance pour l’ensemble de l’année qui est la plus faible depuis 6 ans. Cette croissance a été de 2.8% à cause très clairement d’un ralentissement des exportations dû à la guerre commerciale.

Etre ou ne pas être optimiste ?

Le FMI n’a pas changé ses prévisions pour la Grande-Bretagne car il navigue en eau trouble et l’incertitude reste considérable.

Il n’est en tout cas, pour le moment, pas question de plan B, puisque Theresa May voudrait renégocier avec l’UE la partie de l’accord qui concerne l’Irlande.

Recul de la confiance des consommateurs

Comme vous avez pu le lire hier, nous avons, nous aussi, revu à la baisse les prévisions de croissance pour la Belgique, tout en étant un peu plus optimiste sur le pouvoir d’achat.

Cependant, si le moral des consommateurs n’est pas présent, cette hausse du pouvoir d’achat ne sera pas suffisante. Or, comme le montre le graphique, le moral des consommateurs publié par la Banque Nationale se replie encore une fois suite à la crainte sur l’évolution du chômage en Belgique.

graphe20190122

Fort recul attendu pour les pays émergents en Europe

Pour revenir encore sur les prévisions du FMI, il faut pointer la forte révision à la baisse de la croissance pour les pays émergents en Europe. Selon, le FMI la croissance passerait de 3.8% en 2018 à 0.7% en 2019, soit une révision de -1.3% par rapport aux prévisions d’octobre.

Si la croissance en Europe centrale devrait rester soutenue, c’est à cause d’une forte contraction de l’économie turque attendue en 2019 que le FMI se montre si pessimiste.

tableaux20190122