Amerrissage de la Chine

Posté le 21 janvier 2019

chine

L’amerrissage ne se fait pas uniquement sur la face cachée de la lune, mais également pour l’économie chinoise au quatrième trimestre 2018.

Amerrissage en douceur à espérer

La croissance au quatrième trimestre a été de 6.4 % contre 6.5 % le trimestre précédent, soit une croissance pour 2018 de 6.6 %, le taux le plus bas depuis 28 ans.

Comme le montre le graphique, l’année 2018 a été caractérisée par un recul chaque trimestre du chiffre de croissance, avec un recul qui s’est accéléré avec la guerre commerciale.

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Ce chiffre confirme que les autorités vont continuer de prendre des mesures de soutien pour éviter un amerrissage brutal. Mais, éléments rassurants, la production industrielle affiche une hausse de 5.70 % contre 5.40 %, et les ventes de détail sont en progression de 8.20 % contre 8.10 %.

C’est d’ailleurs la perspective de nouvelles mesures de soutien, et la poursuite des discussions sur les tarifs douaniers qui rassurent pour le moment les bourses, malgré ce recul de la croissance.

Pour autant, les Américains ne font pas de concession et n’ont nullement l’intention de suspendre les hausses de tarif imposées sur les 200 milliards d’importations chinoises.

Ralentissement généralisé

Ce recul de la croissance en Chine n’est évidemment pas une surprise et s’observe aussi dans les indices de confiance.

C’est le cas au Japon, où l’indice Tankan, voir graphique, est passé de +23 à +18, signant ainsi son plus faible niveau depuis 2 ans.

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Le rebond attendu au dernier trimestre a été contrecarré par le ralentissement du commerce mondial qui affecte particulièrement le Japon.

La banque d’Italie a fait le même constat et a revu nettement à la baisse ses prévisions. Elle estime que l’Italie a sans doute connu une récession technique en 2018, car elle table sur un recul de -0.1 % du PIB au quatrième trimestre comme au trimestre précédent.

Conséquence, elle estime que la croissance ne sera que de 0.6 % en 2019 au lieu des 1 % initialement prévu, et qu’elle sera de 0.9 % en 2020 et de 1 % en 2021 contre respectivement 1.1 % et 1 % selon les prévisions du gouvernement.

Cette révision est liée au fait que l’Italie a connu un recul de son PIB fin de l’année dernière qui aura un effet négatif sur l’ensemble de l’année 2019 selon la banque d’Italie.

Hausse du prix du baril

Ce dernier continue de se renforcer, car en dépit du ralentissement de la croissance en Chine, la demande émanant de cette dernière reste forte. Elle a augmenté de 6.8 % en 2018 soit une demande de 12.12 millions de barils par jour.

L’autre facteur qui soutient les prix est l’effet de la réduction de la production de l’OPEP+ (à savoir les pays de l’OPEP plus les autres producteurs comme la Russie).

Et dernier point, effet du shutdown sans doute, on observe une stabilisation des puits de pétrole de schiste aux États-Unis.

B comme Brexit

Normalement, Theresa May devrait présenter un plan B demain au parlement alors que les discussions entre les deux partis n’ont rien apporté de neuf.

Le sterling demeure toujours aussi stable, mais rien ne dit qu’une avancée significative sera engrangée cette semaine.

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