Le temps presse car la roue tourne

Posté le 18 janvier 2019

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A défaut de la moindre avancée dans le dossier du Brexit, et pourtant le sterling se renforce, tout le monde s’accroche à l’espoir d’un accord entre les États-Unis et la Chine.

Espoir

C’est clairement cet espoir qui porte les marchés boursiers et la confirmation de la venue du Vice Premier Liu He le 30 et 31 janvier prochain aux Etats-Unis a ravivé ce dernier.

Même si aucune avancée tangible n’est encore ressortie des discussions, tout le monde s’accroche au simple fait qu’elles perdurent. Les perceptions sur les avancées et sur la volonté d’aboutir sont cependant différentes au sein de l’administration américaine.

Alors que le secrétaire au Trésor envisagerait bien d’assouplir les tarifs imposés à la Chine durant les discussions, le représentant au commerce ne l’entend pas de cette oreille et ne voit pas d’avancées majeures dans les discussions.

Et pour le moment tout le monde fait totalement abstraction des conséquences du shutdown, qui, non seulement empêche pour le moment la moindre publication d’indicateurs aux États-Unis, mais freine l’activité économique.

Nous sommes pour le moment un peu comme le pilote d’une voiture lancée à grande vitesse avec sur le siège arrière deux passagers qui discutent encore paisiblement, mais dont le ton pourrait vite monter. Et le copilote sensé nous indiquer la route ne dispose que d’une vieille carte et le GPS ne répond plus que par bref moment.

Recul de l’inflation

La baisse du prix du baril a pesé sur l’inflation un peu partout dans le monde et éloigne la perspective d’une hausse de taux rapide dans la majeure partie des pays.

C’est le cas au Japon, où, comme le montre le graphique, l’inflation a reculé à 0.7 % contre 0.9 %, et à 0.3 % contre 0.4 % pour l’inflation hors alimentation et énergie.

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Ce recul est aussi la conséquence du ralentissement de l’activité marquée par une consommation intérieure qui reste très faible.

En zone euro, c’est le même constat avec un taux d’inflation qui est tombé à 1.6 % en décembre contre 1.9 % en novembre. Le taux d’inflation de base est lui resté stable à 1 %. Sur un an, malgré les injections de liquidité par la BCE, ce taux d’inflation n’a pratiquement pas évolué.

Et cette absence d’inflation et le ralentissement de la croissance devraient inciter la BCE à garder ses taux inchangés probablement pour une période plus longue que prévu.

Même si comme le montre le tableau publié par Eurostat, les taux d’inflation divergent fortement d’un pays à l’autre.

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Hausse du sterling

Le renforcement du sterling (voir graphique) a quelque chose de totalement abscons. Les Anglais se déchirent, la confiance s’érode, les industriels crient au casse-cou, les discussions s’enlisent et le sterling se renforce.

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Et pendant ce temps, les pays de l’UE se préparent à une sortie sans accord et mettent en place des plans d’urgence. Il faut en effet se préparer au pire des scénarii et en particulier pour ceux qui ont des flux avec la Grande-Bretagne, pour ne pas être pris au dépourvu.

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