Le premier trimestre risque d’être décevant

Posté le 11 janvier 2019
National monuments and museums in Washington DC were closed during the U.S. governemnt shutdown in 2013.

National monuments and museums in Washington DC were closed during the U.S. governemnt shutdown in 2013.

Alors que traditionnellement, le premier trimestre aux Etats-Unis affiche une croissance inférieure au reste de l’année, les trois premiers mois de 2019 pourraient être encore plus décevants, si le shutdown devait perdurer. Une situation qui a un air de déjà-vu, si l’on avance la comparaison avec le repli de 15 jours qu’ont connu les Etats-Unis en octobre 2013 et ses conséquences très pénalisantes pour l’économie de l’époque.

Une croissance américaine réduite de 0,50%

Un rapport intitulé « Impacts and Costs of the October 2013 » publié après le shutdown d’octobre 2013 nous permet d’anticiper ses potentiels effets pour 2019, puisqu’il détaille l’ensemble des impacts recensés et tend à chiffrer, par département, les pertes que cela avait représenté pour l’économie américaine. Et selon ce rapport, la croissance américaine a été amputée entre -0.2% et -0.6% de croissance au dernier trimestre 2013. On pourrait donc extrapoler ce chiffre pour le premier trimestre 2019 et estimer que la croissance américaine sera réduite de -0.50%.

Le deuxième impact majeur souligné par ce rapport est que le shutdown a empêché la création de 120.000 emplois dans le secteur privé. Sachant qu’au mois de novembre 2018, les créations d’emploi s’élevaient à 155.000 postes, cela signifie que les créations en janvier – décembre bénéficie d’un effet saisonnier – pourraient être réduites à leur plus simple expression. En effet, en 2013, nous étions en pleine phase de reprise du marché de l’emploi, ce qui n’est le plus cas maintenant.

Forages et tourisme parmi les secteurs touchés

Sans énumérer chacune des conséquences du shutdown d’octobre 2013, il semble intéressant de mettre en lumière les postes les plus importants et ceux qui pourraient avoir un impact négatif sur une période plus longue. Parmi ceux-ci, le simple arrêt des examens des permis de forage avait entrainé le retard d’environ 200 demandes de permis. Or, les investissements dans le secteur se sont fortement accélérés ces dernières années et la rentabilité passe par une hausse de la production pour amortir les investissements.

Ensuite, alors même que le commerce souffre de la guerre commerciale, le shutdown a un effet très négatif sur ce dernier car il entraine le suspend des licences et des demandes d’importation et d’exportation. Notons également qu’à l’époque, les immatriculations d’aéronefs ont été suspendues avec comme conséquence un retard de livraison de 156 appareils d’une valeur de 1,9 milliard de dollars.

Enfin, la fermeture des musées et des parcs nationaux risque d’entrainer une perte de revenu et une désaffection des touristes, ce qui pèsera certainement sur la consommation alors même qu’elle est moins vigoureuse actuellement.

La confiance des consommateurs en toile de fond

A côté de ces manques à gagner, il est nécessaire de considérer les coûts de ce blocage et en particulier celui des congés, forcés, qu’il faudra payer aux fonctionnaires obligés de rester chez eux et ceux qu’il faudra indemniser. En 2013, le coût de ces deux semaines de repli avait été chiffré à 2.5 milliards de dollars.

Mais ce shutdown pourrait être plus impactant encore compte tenu du climat général que l’on connait et la baisse déjà observée de l’indice de confiance des consommateurs. Pour rappel, ce dernier a connu en décembre sa plus forte chute d’un mois à l’autre depuis juillet 2015.

Enfin, si l’on ajoute à ces perspectives que les effets de la hausse des tarifs douaniers ne commencent à se faire sérieusement ressentir que depuis le mois d’octobre, le suspend des licences devrait aussi aggraver le ralentissement du commerce et donc peser sur la croissance.

Bref, l’année 2019 pourrait commencer par une croissance très faible aux Etats-Unis au premier trimestre et il ne faut surtout pas sous-estimer l’impact négatif et psychologique du shutdown sur l’économie.


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