La BCE sera aussi patiente

Posté le 11 janvier 2019
Euro sign at European Central Bank headquarters in Frankfurt, Germany with dark dramatic clouds symbolizing a financial crisis

Euro sign at European Central Bank headquarters in Frankfurt, Germany with dark dramatic clouds symbolizing a financial crisis

La France et l’Allemagne connaissent pour le moment certaines des mêmes affres, même si le cas de la France semble plus inquiétant.

Déstabilisation

Les deux pays sont confrontés à une faiblesse du pouvoir politique, mais qui dans le cas de la France a pris une toute proportion et une évolution nettement plus inquiétante.

Les deux pays connaissent aussi un ralentissement de leur économie en partie à cause du ralentissement qui a frappé le secteur automobile. Et les deux pays affichent une chute assez significative de la production industrielle.

En effet, en France, la production industrielle a chuté de -1.3% au mois de novembre, alors qu’elle avait inchangée en octobre. En taux annualisé, cette dernière a reculé de -2.11%.

Mais la comparaison entre les deux pays s’arrête là, cependant ce ralentissement concomitant ne peut qu’interpeler.

Minutes de la BCE

Et c’est d’ailleurs ce qui ressort des minutes de la dernière réunion de la BCE car on peut y lire ; « il a été souligné que la situation restait fragile et fluide, car les risques pourraient rapidement reprendre de l’importance ou de nouvelles incertitudes pourraient apparaître ».

Et face à ces incertitudes, la BCE a évoqué la possibilité de réactiver le programme de TLTRO, à savoir le programme de prêt aux banques sur des longues durées aux conditions du taux directeur de la BCE avec obligation de prêt de la part des banques aux entreprises pour les montants empruntés.

En somme, la BCE est un peu comme la FED, c’est-à-dire qu’elle va être patiente et flexible. Ce qu’a encore rappelé Powell, le mot « patience » devenant presque son mantra.

Hausse du yuan

Comme le montre le graphique, le yuan s’est nettement renforcé par rapport au dollar, et a gagné en une semaine 1.6%, soit le plus fort mouvement depuis juillet 2005.

graphe20190111

Cette hausse du yuan est la conjonction du sentiment positif qui entoure les discussions entre les Américains et les Chinois. Discussions qui pourraient se poursuivre avec la visite du vice-premier ministre Li aux Etats-Unis, ce qui indiquerait une implication au plus niveau de pouvoir.

Et également l’annonce par le gouvernement de son intention de réduire les taxes sur les entreprises et d’augmenter les dépenses d’investissement.

Baisse du chômage en Europe

Malgré les signes de ralentissement en zone euro, le marché de l’emploi continue de très bien se comporter. Ainsi, le taux de chômage dans la zone euro est tombé à 7.9% en novembre, soit son taux le plus faible depuis octobre 2008.

Comme le montre le tableau publié par Eurostat, il demeure cependant encore de grandes disparités au sein de l’UE. Et c’est vrai que l’écart est énorme entre le taux de 1.9% en Tchéquie et celui de 18.6% en Grèce. Cependant, les baisses les plus marquées ont été observées dans les pays qui affichaient les plus hauts taux de chômage comme l’Espagne qui a vu ce taux revenir à 14.7% contre 16.5% il y a un an.

graphe20190111a

Cette amélioration du marché de l’emploi devrait soutenir la consommation intérieure qui pourrait alors se substituer partiellement à la faiblesse des exportations.

tableaux20190111


Vous souhaitez me poser une question ?