La FED sera patiente

Posté le 10 janvier 2019
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Après trois jours de discussions, des avancées substantielles ont été réalisées dans les discussions entre les Américains et les Chinois.

Avancées encourageantes

Même si, à ce stade, nous disposons de relativement peu d’informations, la Chine se serait engagée à augmenter de façon substantielle ses achats de produits agricoles, manufacturiers, énergétiques, et autres produits et services américains.

Les deux parties ont convenu de rester en contact et la délégation américaine est de retour aux Etats-Unis pour obtenir sa feuille de route pour la suite des discussions.

Message apaisant de la FED

Les minutes de la dernière réunion de la FED pourraient se résumer en trois mots : patience, divergence, et changement.

Patience est sans aucun doute le mot que la majorité des opérateurs voulaient entendre surtout quand on lit « nombre de participants ont exprimé le sentiment que, tout particulièrement dans un environnement de pression inflationnistes discrètes, le comité pouvait se permettre d’être patient pour ce qui est de la poursuite du cycle de resserrement monétaire ».

Divergence, parce que certains membres de la FED n’ont pas approuvé le relèvement de taux du mois de décembre.

Changement, et qui serait un changement de taille et, que je trouve préoccupant, « plusieurs participants ont exprimé l’opinion qu’il serait peut-être judicieux, lors des réunions à venir, de renoncer complètement à la « forward guidance » et à lui substituer une formulation soulignant la nature de dépendance aux indicateurs économiques des décisions de politique monétaire ».

Ces minutes ont donc apporté un certain éclairage sur la position de la FED et surtout elles ont rassuré sur une politique monétaire qui sera moins agressive qu’en 2018.

La suite logique de ce message est que les taux ne devraient plus fortement augmenter, ce que reflète l’évolution du rendement du treasury 2 ans (voir graphique). Et aussi que le dollar s’est sensiblement tassé en passant de 1.1450 à 1.1550 par rapport à l’euro.

graphe20190110

Il s’agit donc de deux éléments positifs pour les marchés boursiers, mais demeure encore cependant le shutdown qui a, et aura un impact négatif sur l’économie. Il en est déjà un de très concret, à savoir que plus aucun indicateur économique n’est publié depuis le début de cette semaine, ce qui évidemment est pénalisant pour appréhender l’état de l’économie.

Nouveau camouflet

La descente aux enfers n’en finit plus pour Theresa May, qui s’est vue infligée un nouveau camouflet par le parlement. Ce dernier l’oblige à présenter un plan B si l’accord avec l’UE est rejeté la semaine prochaine. Mais quel plan B ?

Et pour corser le tout, Corbyn appelle à des élections si l’accord avec l’UE est rejeté la semaine prochaine. La Grande-Bretagne s’enfonce inexorablement dans la crise et personne ne sait comment tout cela va finir.

Et étonnamment, le sterling reste stoïque malgré ces soubresauts et se négocie pour le moment légèrement au-dessus des 0.90 par rapport à l’euro.

Ralentissement en Chine

Plusieurs indicateurs ont confirmé ce ralentissement, mais sans doute qu’un des plus significatif est l’indice des prix à la production.

Comme le montre le graphique, ces prix ont lourdement chuté en 2018 avec une accentuation du mouvement dans la seconde partie de l’année. D’un mois à l’autre, cet indice a reculé de -1%, soit sa plus forte chute depuis janvier 2015. L’indice annualisé a donc vu son taux passer de 2.7% en novembre à 0.9% en décembre. Ce recul des prix à la production indique clairement que les bénéfices des entreprises vont continuer de se tasser dans les prochains mois et que les autorités vont devoir, sans aucun doute, prendre de nouvelles mesures pour éviter un atterrissage brutal de l’économie.

graphe20190110a

Le taux d’inflation (CPI) a également reculé mais dans de moindres proportions à 1.9% contre 2.2% le mois passé.

Le couple franco-allemand tangue

Les deux pays sont malmenés et confrontés à un ralentissement de leur économie et ils semblent trop fragiles pour pouvoir encore mener la danse vers plus d’Europe.

Après le recul des indices PMI en France, le moral des consommateurs est aussi en berne. C’est clairement ce qui est ressorti de l’indice publié par l’INSEE qui est tombé à son niveau le plus bas depuis novembre 2014.

En Allemagne les déconvenues se suivent. Dernière en date, le recul de -1.6% des importations au mois de novembre, et celui de -0.4% des exportations. Ces chiffres confirment le ralentissement de l’économie et une croissance très faible au dernier trimestre de 2018.

Coût de la main-d’œuvre

Tableau très intéressant publié par Rexecode sur l’évolution du coût de la main-d’œuvre et surtout qui permet une comparaison d’un pays à l’autre.

graphe20190110b

Pour la zone euro, ce coût moyen a progressé de 2.6% sur un an. La France a vu son coût progressé de 3% alors que celui en Allemagne n’a progressé que de 2.5% alors même qu’il se situe en dessous de celui de la France. Et la Belgique est la lanterne rouge avec le coût moyen le plus élevé de toute la zone euro.

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