Le moment des soldes ?

Posté le 4 janvier 2019
Closeup of woman holding shopping bags on the street with copy space

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On nous avait annoncé des soldes monstres et les prévisions se sont révélées tout à fait exactes.

Nouvelle correction

Sans surprise, le warning d’Apple a fait des ravages et a sérieusement affecté la bourse américaine.

Mais deux autres éléments ont en plus pesé sur la bourse américaine, la poursuite du shutdown et un indice en recul.

Concernant le shutdown, les démocrates semblent bien décidés à ne rien laisser passer à Trump et le bras de fer pourrait s’enliser.

Comme le montre le graphique, l’indice ISM non manufacturier aux Etats-Unis a connu, en novembre, sa plus forte chute depuis octobre 2008, qui n’est pas une date anodine. Il est tombé à son niveau de novembre 2016, et reflète, comme tous les indices PMI manufacturiers publiés ces derniers jours, l’impact négatif de la guerre commerciale dans l’activité économique.

graphe20190104

Ce chiffre a encore accentué aussi la chute des rendements obligataires aux Etats-Unis comme l’illustre le graphique du rendement du treasury 10 ans.

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Nous serons attentif cet après-midi aux chiffres du chômage aux Etats-Unis, même si le mois de décembre est en général un peu atypique, et cela sera donc surtout le mois de janvier qui sera à surveiller. D’ailleurs, selon la bureau indépendant ADP, les créations d’emploi dans le secteur privé ont bondi à 271.000 contre 157.000 le mois passé.

Le consensus table sur un taux de chômage stable à 3.7% et sur 177.000 créations d’emploi contre 155.000 le mois passé, mais ce chiffre pourrait se révéler meilleur et contribuer à calmer un peu les esprits.

Facteurs d’apaisement

D’autres facteurs ont contribué ce matin à calmer les esprits, et à part le Nikkei, qui doit « rattraper » les corrections, les autres bourses asiatiques sont en hausse, pour plusieurs raisons.

La première est que certains spéculent sur un changement de politique de la part de la FED après le recul de l’indice ISM manufacturier. Compte tenu de ce ralentissement, la FED ne pourra plus, pensent-ils, augmenter ses taux comme prévu, ce qui explique aussi le recul des rendements obligataires.

La deuxième raison est que la semaine prochaine devrait avoir lieu la reprise des discussions entre les Etats-Unis et la Chine, et certains espèrent que le recul des indices de confiance va faire comprendre aux négociateurs les impacts déjà très négatifs de cette guerre commerciale. La volonté de poursuivre le dialogue est en tout cas interprété comme un signal positif.

Le troisième élément est que le secteur des services se porte bien en Chine à contrario du secteur manufacturier. En effet, l’indice PMI des services a légèrement progressé à 53.9 contre 53.8, et ce secteur prend de plus en plus de poids dans l’économie.

Et cerise sur le gâteau, contrairement à la majorité des pays, par un effet de rattrapage sans doute, l’indice PMI manufacturier au Japon a progressé à 52.6 contre 52.2 le mois passé. Cette reprise n’en est pas moins fragile car la forte hausse du yen (voir graphique de la parité en USD/JPY) pourrait venir doucher cette reprise.

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Recul de l’inflation

Si le recul attendu de l’inflation en zone euro préoccupe, ce recul dans d’autres pays est par contre un soulagement.

C’est évidemment le recul du prix du baril qui en partie explique le recul de l’inflation, comme devrait le montrer le chiffre d’inflation en zone euro qui devrait passer de 2% à 1.80%, alors que le taux d’inflation sans l’énergie devrait rester stable.

L’effet conjugué de la baisse du prix du baril et des mesures prises par le gouvernement ont permis à l’inflation en Turquie de poursuivre sa lente correction. Après un taux le plus haut depuis 15 ans à 25% en octobre, l’inflation est revenue à 20.3% suite à un recul d’un mois à l’autre de -0.40%.

Questionnement

Le graphique reprend en bleu l’évolution de l’indice PMI composite pour la zone euro, et en orange l’évolution des crédits aux entreprises dans la zone euro.

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On ne peut que se réjouir, à priori, de la hausse des crédits aux entreprises qui progressent sensiblement. Ces crédits affichent en effet une hausse annuelle de 4.10% contre 4% le mois passé et démontrent que les différentes interventions de la BCE se sont révélées efficaces.

Cependant, l’autre côté de la pièce montre que la correction de l’indice PMI composite a toujours précédé un ralentissement dans les crédits aux entreprises. Mais qu’aujourd’hui la possibilité pour la BCE d’agir est nettement plus limitée, sauf à garder ses taux inchangés pour une période encore plus longue.

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