La FED n’a pas tremblé .. hélas pour certains

Posté le 20 décembre 2018
Cludy days for the Federal Reserve.

Cludy days for the Federal Reserve.

La FED a bien augmenté ses taux de 0.25 %, mais a surtout confirmé qu’elle allait poursuivre son resserrement monétaire, ce qui n’a pas plu, mais alors là pas du tout, à la bourse américaine et aux bourses asiatiques.

Poursuite de la hausse

En déclarant que la politique monétaire ne devait pas devenir accommodante, le président de la FED, J Powell , a douché les espoirs d’une pause ou d’une dernière hausse des taux.

Cette décision, qu’il justifie par une économie qui reste solide, a deux conséquences qui ont fortement déplu aux marchés boursiers. D’une part, et le graphique qui reprend les projections du Comité de la FED l’illustre bien, deux hausses de taux devraient encore intervenir en 2019. Et d’autre part, la FED ne va pas ralentir la réduction de la taille de son bilan, qui va se poursuivre au rythme de 50 milliards de dollars par mois.

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Il n’a donc fait aucune concession à ceux qui escomptaient des propos moins dovish et c’est sans doute pour cela que la réaction a été particulièrement négative et l’expression d’une frustration.

Sur le front des taux, on a assisté à un recul des rendements obligataires comme le montre le graphique qui reprend l’évolution du rendement du treasury 10 ans et 2 ans. Et aussi à une accentuation de l’aplatissement de la courbe avec un différentiel entre les deux qui s’est encore réduit comme l’illustre le deuxième graphique.

 

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La FED en a profité pour revoir légèrement ses prévisions à la baisse avec une croissance qui devrait être de 2.3 % en 2019 contre 2.5 %, mais par contre inchangée à 2 % en 2020 et 1.8 % en 2021. Avec une inflation qui devrait finalement rester assez stable à 1.9 % en 2018 contre 2 %, et 2 % de 2019 à 2021 contre 2.1 %.

Jean qui rit et Jean qui pleure

C’est le cas en regardant le graphique qui reprend l’évolution du spread entre les obligations belges et italiennes par rapport au bund.

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La courbe du haut illustre le différentiel pour les obligations belges, spread qui s’élargit avec l’annonce de la démission du gouvernement et qui pourrait s’élargir en fonction de la tournure des événements.

La courbe du bas représente évidemment le spread pour les obligations italiennes, qui s’est nettement réduit après l’annonce de l’accord de la Commission sur le nouveau projet de budget italien. En ramenant le déficit à 2.04 % contre 2.40 %, l’Italie échappe aux mesures disciplinaires que pouvait lui imposer la Commission.

Réunion de la BOE

Il y a au moins une chose qui ne va pas tracasser la BOE lors de sa réunion c’est l’absence de pression inflationniste. Mais c’est bien la seule chose, car pour le reste le flou domine et le sterling demeure sous pression légèrement au-dessus des 0.90 par rapport à l’euro.

Comme le montre le graphique, l’inflation a reculé en Grande-Bretagne sous l’effet en partie de la chute du prix du baril. Mais un autre élément moins positif pourrait expliquer ce recul, à savoir une hausse moindre des prix de l’immobilier.

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Le prix moyen d’une maison a augmenté de 2.7 % sur un an, soit la plus faible hausse depuis juillet 2013.

Il va sans dire que la BOE ne va pas modifier ses taux lors de sa réunion et que ce recul de l’inflation tombe à pic et lui enlève un fardeau.

Car à 100 jours du Brexit, les inconnues demeurent totales et pour parer au pire, à savoir l’absence d’accord, la Commission a publié son plan d’action d’urgence pour certains secteurs. Cela concerne entre autres, le respect du maintien des droits des ressortissants britanniques résidant dans l’UE, mais également une continuité dans les services financiers, dans les transports pour éviter une interruption du trafic aérien ou encore pour assurer les importations et exportations.

Chute de la couronne norvégienne

Comme le montre le graphique, cette dernière a fortement reculé par rapport à l’euro malgré une perspective de hausse des taux en mars.

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Ce recul est la conséquence de la chute du prix du baril qui vient fortement réduire les revenus du pays, et aussi des craintes liées au Brexit. Car la Norvège est un des principaux pays pour les exportations de produits britanniques.

Statu quo

A contrario de la FED, la BOJ a laissé ses taux inchangés vu le contexte économique au Japon. Cette décision prise à 7 contre 2 a confirmé le maintien du taux directeur à -0.10 % et de viser un rendement de l’obligation à 10 ans proche de zéro, ce qui est le cas comme le montre le graphique.

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