Les dégâts collatéraux des manifestations

Posté le 17 décembre 2018
Closeup of woman holding shopping bags on the street with copy space

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Ce n’est pas la victoire historique des Red Lions qui explique que le rouge a dominé sur les marchés boursiers américains et européens, mais l’accumulation des indices décevants.

Chute des PMI

C’est en particulier le cas en zone euro où les indices PMI ont affiché un recul décevant et dont l’ampleur a surpris.

Il faut d’abord commencer par la France, voir graphique, où à cause des « gilets jaunes », les indices PMI, tous les indices en plus, ont basculé en dessous des 50. Le recul est le plus spectaculaire pour l’indice des services qui est passé de 55.1 à 49.6, et qui a emporté alors l’indice composite à 49.3. Et c’est clairement le chaos qu’a traversé la France qui explique cette chute, ce qui aura comme conséquence que la croissance au troisième trimestre ne sera plus que de 0.2% contre 0.4% le trimestre précédent.

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Si la France fait exception quant à l’ampleur de la chute, on constate cependant aussi un recul des indices PMI dans les autres pays de la zone euro. En Allemagne, l’indice composite a reculé à 52.2 contre 52.3, recul minime mais avec un niveau qui est le plus bas depuis 4 ans.

Les déboires de l’industrie automobile dans un contexte de ralentissement global, expliquent en grande partie ce recul de l’indice. Et sur base de ce niveau, la croissance en Allemagne ne sera que de 0.2% au dernier trimestre. Ce qui d’ailleurs a incité la Bundesbank à revoir ses prévisions nettement à la baisse avec un taux de 1.5% cette année contre 2% précédemment, et de 1.6% contre 1.9% pour 2019.

Et donc sans surprise, l’indice PMI composite pour la zone euro a reculé et est passé de 52.7 à 51.3, comme le montre le graphique, soit son niveau le plus faible depuis novembre 2014.

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Cette conjonction d’indices décevants en Chine et en Europe explique le recul des bourses vendredi et aussi celui du prix du baril qui continue de subir un choc de l’offre par rapport à une demande qui devrait se réduire. L’accord de l’OPEP semble insuffisant à contrer la poursuite de la hausse de la production américaine.

Réunion de la FED

La FED se réunit cette semaine et devrait annoncer sans surprise une nouvelle hausse de son taux directeur. Mais la question qui est sur toutes les lèvres est de savoir l’année prochaine quelle sera son attitude, ce que pourrait esquisser Powell lors de sa conférence de presse. Et pour bien mesurer l’ampleur de l’incertitude, les pronostics vont de 4 hausses de taux en 2019 à zéro, ce qui est quand même une fourchette assez large.

Cette hausse de taux cette semaine reste évidemment pleinement justifiée pour deux raisons. D’une part, parce qu’ainsi la FED démontre qu’elle ne se laisse nullement influencer par les pressions et propos de Trump. Et d’autre part, parce que l’économie américaine affiche encore et toujours une croissance solide.

Deux indices publiés vendredi sont venus confirmer cela. Les ventes de détail ont ainsi progressé de 0.9% en novembre alors même que le mois d’octobre avait été aussi positif avec une hausse de 0.7%.

Et la production industrielle, qui avait reculé en octobre de -0.2%, a connu une belle reprise en novembre avec une hausse de 0.6%.

Hausse de taux

La FED n’est pas la seule banque centrale à augmenter ses taux, c’est le cas aussi de la banque centrale de Russie.

Elle a en effet décidé d’augmenter de 0.25% son taux, pour la deuxième fois cette année, pour le porter à 7.75%. Cette décision est justifiée par le risque de hausse de l’inflation et par la faiblesse du rouble (voir graphique). Et la banque centrale n’exclut pas de procéder à de nouvelles hausses l’année prochaine en fonction justement des mouvements sur sa devise.

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Deux autres banques se réunissent cette semaine mais elles ne vont par contre pas modifier leurs taux pour des raisons différentes. La BOJ parce que l’économie nipponne ne montre pas de signe de reprise et que l’inflation reste bien en-deçà de ses objectifs.

Et la BOE, parce que la confusion continue de régner à Londres et que Theresa May est revenue de Bruxelles une nouvelle fois humiliée par ses partenaires européens, c’est en tout cas comme cela que cela a été ressenti en Grande-Bretagne.

Ce retour est un peu ressenti comme un retour à la case départ avec de nouveau les mêmes rumeurs sur la tenue d’un nouveau référendum. Mais aussi de démission de Theresa May ou bien d’un vote qui interviendrait cette semaine au Parlement pour ratifier ou pas l’accord. Bref, en un mot c’est la cacophonie qui domine et la probabilité d’un hard Brexit qui se renforce un peu plus.

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