Baisse de la tension (provisoirement ?)

Posté le 13 décembre 2018
Modern city buildings with a stock exchange board in the background

Modern city buildings with a stock exchange board in the background

Deux éléments sont venus rassurer les bourses et ont permis à ces dernières de terminer en hausse.

Sept vies

Theresa May serait-elle un chat, car elle parvient, jusqu’à présent, à rebondir ou à revivre. Elle a en effet survécu à un vote de défiance, mais qui a mis au grand jour les dissensions au sein de son parti.

C’est avec 200 voix contre 117, qu’elle a obtenu la confiance de son parti, mais cela ne règle en rien le vote du Parlement. Si le sterling a réagi positivement après le vote, ce résultat n’en demeure pas moins un échec pour Theresa May, car il confirme qu’elle n’obtiendra pas le vote de confiance.

Les mêmes scénarii s’offrent donc à elle, renégocier avec Bruxelles (à la marge peut-être), provoquer des élections (trop court et pourquoi car sans accord c’est le hard Brexit), tenir un nouveau référendum (en priant pour un vote pour le retour dans l’UE).

En cas de référendum favorable, la Grande-Bretagne pourrait revenir dans l’UE et annuler l’article 50 sans devoir avoir l’accord des autres pays de l’UE, ce qui a été confirmé ce lundi par la Cour de justice européenne. Mais cet avis n’évite en rien le risque de hard Brexit, s’il n’y a pas de référendum, s’il n’y a pas d’accord voté par le parlement.

L’imbroglio reste donc total et Theresa May n’a obtenu qu’un petit répit.

Discussions positives

Le deuxième élément qui a porté les bourses, c’est la poursuite des discussions entre les Américains et les Chinois. Avec des faits concrets qui aident ces discussions, comme une reprise significative des importations de soja américain, ce qui a provoqué une légère remontée des prix (voir graphique).

graphe20181213

Il serait aussi question d’un assouplissement ou ajustement du programme « Made in China 2025 » plus tourné vers les infrastructures et qui mettrait moins l’accent sur les nouvelles technologies.

Mais nous sommes encore loin d’un accord et la volatilité sur les bourses ne va pas retomber de sitôt.

Un dernier élément qui a pu apaiser la tension, c’est la reprise du dialogue entre l’Italie et la Commission sur le projet de budget. Le premier ministre italien est revenu à Bruxelles avec un nouveau projet d’un déficit de 2.04% du PIB en 2019 contre une première esquisse à 2.4%. Il s’agit d’un net progrès qui permet de faire retomber la tension et qui devrait permettre la poursuite du dialogue.

Il n’y a pas une urgence véritable, mais l’Italie a intérêt à apaiser les tensions avant la fin du programme d’assouplissement quantitatif de la BCE.

Réunion de la BCE

C’est en effet ce jeudi que la BCE va confirmer la fin de son programme lancé en 2015 et qui a été un énorme facteur de soutien à l’économie, à l’inflation (pas assez sans doute, mais qui a évité la déflation), et aux crédits.

Le graphique reprend l’historique des achats d’actifs par la BCE et l’augmentation consécutive de son bilan qui s’est gonflé de 2.6 billions d’euros.

graphe20181213a

Pour autant, la BCE va confirmer qu’elle va garder ses taux inchangés pour une longue période. Mais elle devrait aussi indiquer comment elle entend réaliser ses réinvestissements des obligations arrivant à échéance et donner ses prévisions de croissance et d’inflation pour l’année prochaine.

La banque centrale de Norvège se réunit également ce jeudi et devrait aussi laisser ses taux inchangés. Mais par contre, elle devrait avoir une politique plus restrictive l’année prochaine compte tenu de l’accélération de l’inflation. Cette dernière a progressé de 0.3%, soit un taux annuel de 2.2%, qui dépasse l’objectif des 2%.

Pour autant, elle ne va pas mener une politique agressive mais on peut raisonnablement tabler sur une ou deux hausses de taux en 2019, et une première dans le courant du premier trimestre.

tableaux20181213


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