Mauvaise passe pour les dirigeants européens

Posté le 12 décembre 2018
Brexit or british exit on airport sign board with blurred background. Brexit concept.

Brexit or british exit on airport sign board with blurred background. Brexit concept.

Le report du vote par le parlement britannique n’a pas clarifié les choses, bien au contraire, et la pression sur le sterling s’accentue.

Brexit, acte ultime ?

En reportant ce vote au plus tard au 21 janvier prochain, Theresa May semble ouvrir la voie, soit à de nouvelles élections, soit à un nouveau référendum, soit à un hard Brexit.

Tous les Européens, qu’elle a rencontrés hier, lui ont confirmé que l’accord ne serait pas renégocié, mais qu’ils étaient prêts à l’aider. Mais comme l’a dit Donald Tusk, « la question est comment ».

Le sommet européen ne va donc rien changer et la question de la survie de Theresa May va se poser un peu plus chaque jour, avec un sterling encore un peu plus sous pression, voir graphique. Plus inquiétante, la volatilité sur le sterling s’approche de la volatilité de la livre turque (voir graphique), et est même plus élevée que celle d’autres devises de pays émergents.

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graphe20181212a

Mais, seule consolation, May n’est pas la seule en difficulté comme avec humour le disait un tweet de François Beaudonnet :

Macron en difficulté

May en difficulté

Merkel en difficulté

Michel en difficulté

Mauvaise passe pour les dirigeants européens.

La France endeuillée

Ce nouvel acte de lâcheté fait évidemment ressurgir de mauvais souvenirs et de nouvelles craintes, mais le pire est sans doute d’entendre certains « gilets jaunes » évoquer une provocation du pouvoir pour faire passer au second plan leur mouvement. Cette thèse du complot est totalement inacceptable et abjecte alors que des innocents sont abattus froidement et d’autres entre la vie et la mort.

Pour revenir deux secondes sur les mesures annoncées par Macron, elles ne seront pas neutres budgétairement parlant et ont déjà provoqué des interrogations de la Commission sur le risque d’un dépassement des objectifs fixés par la France. Conséquence, comme l’illustre le graphique, le spread entre le bund 10 ans et l’obligation française 10 ans s’est élargi.

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Les Italiens boivent évidemment du petit lait à partir du moment où le déficit de la France en 2019 pourrait être de 3.4 % du PIB avec les mesures annoncées par Macron qui représentent un coût estimé à 10 milliards d’euros.

Et selon la presse, le premier ministre italien pourrait en profiter pour proposer à la Commission un déficit ramené à 2.1 % du PIB contre 2.4 % initialement avancé, ce qui pourrait tendre les relations avec la Commission qui demandait un taux de 1.95 %.

Y croire ou pas ?

La volatilité ne concerne pas uniquement les devises, mais aussi les bourses qui ont tendance à évoluer au gré des déclarations des uns et des autres sur la guerre commerciale.

Des propos plus positifs de Trump ont permis au Nikkei de terminer sur une nette hausse ce matin, et un climat perçu comme plus positif dans les discussions a soutenu les bourses européennes.

Il serait question déjà d’une poursuite du dialogue, ce qui en soit est déjà une belle avancée, mais aussi, selon Trump, de l’intention de la Chine de réduire le tarif douanier sur les voitures à 15 % contre 40 %, et d’augmenter les importations de soja américain.

Révision de la croissance

Mais ces avancées ne vont cependant pas être suffisantes pour restaurer rapidement un climat de confiance et les dégâts collatéraux sont déjà bien réels.

Ainsi, le gouvernement allemand a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2018. En avril, il tablait sur une croissance de 2.3 %, en octobre de 1.8 %, et en décembre de 1.6 %.

Pas de hausse du prix du baril

L’OPEP, vendredi, a bien décidé de réduire sa production de 1.2 millions de barils par jour et a été suivie par la Russie.

Mais force est de constater que cette annonce n’a pas de réel effet sur les prix, parce que les Américains continuent d’augmenter leur production, ils ont atteint le chiffre record de 11.7 millions de barils par jour. Mais aussi parce que les sanctions contre l’Iran ne sont pas aussi contraignantes que prévu, et que la demande devrait marquer le pas en 2019-2020.

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  • Max Babaji

    je serais plus positif il me semble que pour la GB on se dirige peut-etre vers un renoncement du Brexit ou du moins vers un nouveau referendum L’avis de la CJUE permettrait à la GB de renoncer au Brexit sans formalités supplémentaires.