Pas de Saint-Nicolas pour les bourses

Posté le 6 décembre 2018

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Parfois, une seule personne peut devenir le représentant, bien malgré lui, d’une cause, d’un événement, et c’est le cas de la CFO de Huawei.

Tensions commerciales

Ce dernier a été arrêté au Canada pour être extradé aux Etats-Unis dans le cadre d’une violation des sanctions américaines envers l’Iran. Mais derrière cela se cache plutôt les tensions entre la Chine et les Etats-Unis sur le développement des nouvelles technologies.

Il n’en fallait évidemment pas plus pour plomber des marchés boursiers qui étaient déjà négatifs, et les bourses asiatiques, ce matin, affichent une nouvelle forte correction.

Et comme la bourse américaine était fermée hier, mais que les futurs sont orientés à la baisse et que la courbe des taux aux Etats-Unis a continué de s’aplatir, la tension sur les bourses perdurent.

Et comme le Livre Beige de la FED constate que les hausses des tarifs douaniers se répercutent dans l’ensemble de l’économie, alors que le marché de l’emploi demeure tendu, le scénario d’une hausse de taux en décembre est implicitement confirmé.

Et cette hausse des tarifs et ses représailles se font sentir dans tous les pans de l’économie. Ainsi, sur les mois d’août et septembre, les exportations de coton américain vers la Chine ont chuté de 50% par rapport à l’année dernière pour la même période après l’imposition d’une taxe de 25%.

Indices en berne

On ne va pas s’étonner que les indices de confiance restent en léthargie et que le soubresaut attendu en fin d’année tarde à venir.

C’est le cas avec l’indice PMI composite pour la zone euro (voir graphique), qui est tombé à son niveau le plus bas depuis septembre 2016. Ce nouveau recul confirme que la croissance au dernier trimestre en zone euro ne devrait pas dépasser les 0.3%, soit un niveau inférieur aux prévisions.

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Il en est de même pour l’indice Tanka au Japon (voir graphique), qui est passé de 26 à 23. Là aussi on espérait un rebond qui ne se concrétise pas. D’autant plus que des éléments totalement indépendants au contexte économique avaient impactés négativement l’économie nippone au troisième trimestre.

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Et les tensions que l’on observe dans un certain nombre de pays ne vont évidemment pas améliorer ce climat. C’est le cas bien évidemment en France où les obstructions et manifestations ont un impact très négatif sur l’économie et où le conflit semble totalement s’enliser.

C’est le cas en Italie, où le gouvernement semble prêt à revoir sa copie tellement la situation se dégrade à vue d’œil.

C’est évidemment aussi le cas en Belgique où nous ne pouvons pas nous permettre le luxe d’une chute du gouvernement vu la faiblesse de notre croissance par rapport à nos voisins. Et on aurait presque tous envie de parodier Sttella « on ira tous tous tous à Marrakech ».

Réduction de la production

Malgré les pressions exercées par Trump, l’OPEP, qui se réunit deux jours, devrait avaliser une réduction de sa production. Cette réduction pourrait s’élever à 1.3 millions de barils, soit 1.3% de la production mondiale totale journalière.

Mais cette réduction aura un effet limité car non seulement les membres de l’OPEP ont eu tendance à augmenter leur production ces derniers mois (voir graphique), mais aussi et surtout les Etats-Unis. Cette réduction devrait donc plutôt permettre une stabilisation du prix du baril.

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