Toujours de l’inquiétude

Posté le 5 décembre 2018

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Ne pas confondre vitesse et précipitation pourrait être la réflexion après les inquiétudes sur la réduction du différentiel de taux entre le treasury 10 ans et le 2 ans.

Signe ou pas ?

La réduction significative du différentiel de taux entre le treasury 10 ans et 2 ans, que j’évoquais déjà hier, a été un des éléments qui explique la claque qu’a encaissé la bourse américaine hier soir.

Le fait que sur certaines parties de la courbe, nous avons connu des inversions passagères a exacerbé les craintes d’une récession de l’économie américaine et entrainé la chute des actions.

Mais non seulement, ce phénomène d’inversion a été temporaire (par exemple entre le 2 ans et le 3 ans), mais n’est nullement significatif car il s’agit de suivre les différentiels entre des périodes plus éloignées. Ensuite, si inversion de la courbe il y a, cela ne signifie nullement que l’économie américaine va tomber en récession demain.

Il faut donc chercher ailleurs pour expliquer cette nouvelle correction de la bourse américaine, même si la crainte d’un ralentissement a pesé sur les cours.

Le premier élément reste évidemment la guerre commerciale, car le cessez le feu semble bien fragile surtout quand Trump déclare « I am a Tariff Man » en cas d’absence d’avancées significatives de la part des Chinois.

Le deuxième élément vient de Grande-Bretagne avec une première journée qui a vu Theresa May en grande difficulté. Elle a en effet subi un véritable camouflet de la part du parlement qui a estimé que son gouvernement était coupable « d’outrage au parlement ».

Ce dernier a voté à 311 voix contre 293, l’obligation pour le gouvernement de publier l’avis juridique sur le projet d’accord sur la sortie de l’UE, et cette fois-ci la totalité, ce qu’avait refusé le gouvernement d’où le vote sanction.

C’est un vote qui démontre évidemment la forte hostilité du parlement et n’augure rien de bon. Surtout qu’il a été suivi d’un second vote qui donne à ce dernier un droit de regard plus important si le projet d’accord est rejeté.

C’est évidemment un signal très négatif qui a pesé sur le sterling qui est tombé à son niveau le plus bas depuis 17 mois par rapport au dollar (voir graphique), et qui a pesé sur la bourse américaine.

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Pour revenir encore sur la courbe des taux aux Etats-Unis, il faut aussi plus s’intéresser à l’évolution du différentiel entre le treasury 10 ans et le taux monétaire à 3 mois (courbe bleue dans le graphique), plutôt que le différentiel entre le 10 ans et le 2 ans (courbe grise). Ce différentiel 10 ans – 3 mois a certes reculé mais est encore loin du niveau de 0%.

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Meilleure tenue du secteur des services

Les premiers indices PMI des services publiés en Asie montrent une bien meilleure évolution que le secteur manufacturier, ce secteur des services n’étant pas impacté par la guerre commerciale.

En Chine, l’indice des services est passé de 50.8 à 53.8, ce qui évidemment entraine l’indice composite à la hausse à 51.9 contre 50.5. Et en Inde, l’indice des services est passé de 52.2 à 53.7, soutenu par une forte demande intérieure.

En Irlande, ce même indice a fait un bond en passant de 54.7 à 56.9, preuve que la croissance de l’économie pourrait rester robuste et que le seul élément perturbateur est évidemment le Brexit.

Petite déception

Les chiffres de croissance en Australie pour le troisième trimestre ont un peu déçu, même si l’Australie se distingue et continue d’afficher des taux de croissance insolents depuis plus de 10 ans.

La croissance au troisième trimestre a progressé de 0.3% contre un taux de 0.9% le trimestre précédent, soit un peu en dessous des prévisions. Soit un taux annuel de 2.8% qui est en dessous des prévisions de la banque centrale qui tablait sur un taux de 3.50% cette année et l’année prochaine.

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