L’après G20 sera crucial

Posté le 30 novembre 2018
USA and China Trade war concept. Conflict of interest.

USA and China Trade war concept. Conflict of interest.

Décidemment, le troisième trimestre a connu un creux de croissance dans une série de pays.

Creux au troisième trimestre

Après l’Allemagne et le Japon, ce sont la Suisse et la Suède qui ont connu un recul de la croissance au troisième trimestre.

En Suède, la contraction de la croissance a été, comme en Allemagne, de -0.2%, soit un taux annuel de 1.6% contre une prévision de 2.3%.

Ce recul est évidemment lié au recul de la croissance en Europe, mais à cause aussi d’une baisse de la consommation intérieure affectée par le marché immobilier.

Même si ce creux semble temporaire, il n’en a pas moins infléchi le sentiment d’une hausse rapide des taux de la part de la banque centrale suédoise.

Même constat pour la Suisse, où la croissance a reculé de -0.2%, soit un taux annuel de 2.4%, affectée par le ralentissement de la croissance en Allemagne, qui est son principal partenaire commercial.

Le secteur manufacturier a particulièrement souffert du recul des exportations, ce que reflète le recul de l’indice PMI manufacturier qui est tombé à 57.4.

Sans dramatiser ce recul qui semble temporaire à cause de facteurs un peu particuliers, la confiance reste fragile comme le montre l’indice de confiance publié par la Commission européenne.

graphe20181130

Mais cela devrait inciter la BCE à ne pas s’empresser de remonter ses taux, surtout que l’inflation, avec la baisse du prix du baril, ne devrait montrer aucune velléité de hausse. Et le taux d’inflation est attendu stable, au niveau qui est repris sur le graphique, par rapport à celui du mois précédent.

graphe20181130a

Une certaine prudence

Si la BCE ne va pas s’empresser d’augmenter ses taux, la FED pourrait aussi calmer ses ardeurs et avancer à l’avenir avec plus de circonspection.

C’est évidemment ce que j’évoquais hier après les propos de Powell, et les minutes de la dernière réunion de la FED n’ont fait que confirmer ce constat. Si la hausse des taux en décembre est totalement acquise, la suite du mouvement est nettement moins certaine.

Dans ces minutes on peut lire que « de nombreux participants ont indiqué qu’il pourrait être approprié, lors de certaines réunions à venir, d’amorcer la transition vers un libellé de déclaration mettant davantage l’accent sur l’évaluation des données entrantes dans l’évaluation des perspectives économiques et politiques « , façon d’introduire de la souplesse dans le processus d’ajustement des taux.

Même si le débat de savoir où se situe le taux neutre est loin d’être clos, la FED semble clairement vouloir agir avec plus de prudence lors de ses prochaines réunions et le scénario de 4 hausses de taux en 2019 semble totalement compromis.

D’autant plus que l’inflation, et en particulier l’indice PCE que suit la FED, a reculé comme le montre le graphique, ce qui démontre une absence de forte poussée inflationniste nécessitant une hausse agressive des taux.

graphe20181130b

Neutre

Si le questionnement est dense de savoir où se situe le taux neutre pour la FED, l’annonce que l’indice PMI manufacturier en Chine est tombé en territoire neutre ne laisse pas non plus indifférent.

En effet, cet indice est tombé à 50 après un niveau de 50.2, soit son niveau le plus faible depuis 28 mois, ce qui reflète évidemment le ralentissement de la croissance.

Inutile de dire que ce ralentissement est la conséquence de la guerre commerciale et que la rencontre entre Trump et Xi en marge du G20 est cruciale.

Si les Chinois se montrent ouverts à la discussion, les messages envoyés par l’administration Trump ces derniers jours sont moins positifs et font craindre une absence d’accord à court terme.

On ne peut en effet pas exclure de voir les Américains augmenter encore les tarifs douaniers en janvier comme prévu tout en poursuivant les discussions avec la Chine. Il faut donc tabler au mieux sur un gel de la situation, sans nouvelles mesures, et une poursuite des discussions, ce qui serait déjà une belle avancée.

Hausse de taux en Corée

La banque centrale en Corée du Sud a décidé d’augmenter de 0.25% son taux pour le porter à 1.75%. Il s’agit de la première hausse cette année, et qui n’a pas été prise à l’unanimité, deux membres sur sept ayant privilégié le statu quo.

Cette hausse est essentiellement destinée à calmer le marché immobilier et ne devrait en rien annoncer un cycle de hausses en 2019.

tableaux20181130


Vous souhaitez me poser une question ?